Qui se souvient de ce feuilleton suisse allemand « Une affaire pour Mandli »? Personne sans doute, déjà que lors de sa diffusion ça n’intéressait pas grand monde!

Qui se souvient de ce feuilleton suisse allemand « Une affaire pour Mandli »? Personne sans doute, déjà que lors de sa diffusion ça n’intéressait pas grand monde!

Féroces infirmes retour des pays chauds, deuxième partie.
« Légitime violence/Rolling thunder » de John Flynn (1977)
Le major Charles Rane revient chez lui après sept ans de captivité au Vietnam. Il retrouve sa femme (Qui est sur le point de le quitter) et son fils (Qu’il n’a pas vu grandir) Mort à l’intérieur,selon ses propres mots, il mime les gestes de l’existence jusqu’à ce qu’une bande de voyous assassinent sa femme et son fils. Et le laisse gravement blessé. Une fois rétabli et ce bien que privé d’un bras, Rane entreprend de se venger.
Des lunettes noires, le Vietnam et ses traumatismes, la rancoeur, la violence du front qu’on ramène chez soi. Il y a plus d’un point commun entre « Rolling thunder » et « Le mort vivant » à cette différence que la violence propre à la guerre que porte en lui le major Rane est confrontée à celle de droit commun des criminels qui finissent de ruiner la vie du militaire. En cela, le film de John Flynn est un croisement entre le genre post-Vietnam et le film de vigilante, annonçant un courant très populaire dont « Le droit de tuer » de James Glickenhaus serait l’un des représentants les plus célèbres. Mais pas seulement. « Rolling thunder » dresse en fait un constat terrible: il est impossible d’échapper à la violence. Et par là même, il interroge un pays dont la culture repose sur celle-ci. Ce qui expliquerait la multiplication des guerres menées par les Etats-unis au cours de son Histoire, fait souvent dénoncé par le cinéma américain,y compris par un de ses artistes les plus réactionnaires (Ce qui n’est pas un gros mot pour moi, que cela soit clair entre nous!) Clint Eastwood qui déplorait lors d’un entretien que sa patrie soit toujours en guerre.
Il est intéressant- et cela fait suite au propos précédent- de noter un nom au générique, celui de Paul Schrader. Oui celui-là même qui écrivit le script de « Taxi driver ». Toutefois, si le film de Scorsese et celui de Flynn ont le Vietnam en commun, ils diffèrent sur bien des points. Bickle, l’ancien Marine est oublié de tous. Rane est oublié de lui-même. Il se rapproche bien davantage du « Mort vivant » qui lui appartient déjà littéralement au monde de l’au-delà. Il partage en outre avec Andy une certaine dégradation physique – la décomposition pour Brook, la perte d’un bras pour Rane.
Il serait donc un peu vain de comparer les deux films (Bien qu’il existe des analogies avec « Yakuza » autre film écrit par Schrader ou comme dans « Rolling thunder » deux hommes font front devant le danger. Ken Takakura et Robert Mitchum dans « Yakuza », William Devane et Tommy Lee Jones dans « Rolling thunder ») Non, l’intérêt est ailleurs. Dans la première version du scénario de Schrader qui mettait en scène un Rane qui, furieux de n’ avoir pu aller au Vietnam, se vengeait en mitraillant du mexicain à tout va. Dieu merci, cela ne fut pas, bien qu’il eut été intéressant de voir non un traumatisé de la guerre mais un traumatisé de « Pas la guerre ». Oui, Dieu merci, cela ne fut pas. Sinon on aurait eu droit à une pièce de Wokisme avant l’heure, Scharder étant un puritain de la pire espèce fasciné par l’ordure. Bon, je m’arrête la pour aujourd’hui et vous réserve pour une autre fois tout le mal que je pense de Schrader.
A bientôt!


Féroces infirmes retour des pays chauds. Les vétérans – ou plutôt les revenants de la guerre du Vietnam armés et en lunettes de soleil.
Peu de guerres auront à ce point une mine pour le cinéma que la guerre que les américains menèrent dans les rizières. Alors que les avions de l’ Air Force déversaient encore leurs bombes sur les jungles asiatiques, Hollywood déversait déjà des films sur le conflit chaud bouillant. Néanmoins, ce ne fut que lors de la fin piteuse de la présence américaine au Vietnam que le rythme s’accéléra. Le Vietnam envahit les écrans touchant tout les genres du drame à la comédie en passant par l’horreur et bien sûr le film de guerre.
Toutefois, s’il est un thème qui fut abordé plus souvent que d’autres, ce fut celui du retour à la vie civile, forcément difficile. Voire pire. « Taxi driver » de Martin Scorsese constitua le mètre étalon de ce type de récit avec son ancien combattant qui croupit dans un emploi subalterne en quête d’un sens à sa vie. D’ailleurs, l’accroche publicitaire du film disait tout: »Dans chaque rue il y a un inconnu qui rêve d’être quelqu’un. C’est un homme seul, oublié qui cherche désespérément à prouver qu’il existe. » Et si Travis Bickle, l’antihéros de cette fable urbaine sordide ouvrit la voie aux égarés sombrant dans la violence pour conjurer le sort, il ne fut pas le premier.
Au sein de cette abondante cinématographie se détachèrent quelques figures remarquables, dont celles qui vont être traitées dans cet article. Andy Brooks, le zombie retour des rizières et Charles Rane, tué intérieurement par la captivité qui ne revit qu’une fois plongé à nouveau dans la violence et la tragédie.
Sans plus attendre, commençons par le commencement!
« Le mort vivant/ Dead of night/ Deathdream » de Bob Clark (1974)
Déclaré mort au combat, Andy Brooks revient contre toute attente chez lui pour le plus grand bonheur de tous, en particulier celui de sa mère. La joie suscitée par son retour est de courte durée, Andy se révélant froid, distant, étranger au monde qui l’entoure. Mais il y a plus grave. Des morts mystérieuses s’accumulent dont Andy pourrait bien être le responsable…
Bob Clark connut de nombreux avatars au cours de sa longue carrière, passant de la Sexploitation la plus exotique (« She man ») à la comédie pubertaire (« Porky’s ») avec entre les deux un thriller victorien à gros budget (« Meurtre par décret ») Dans ce parcours pour le moins éclectique, il y eut »Le mort vivant » sorti un an avant le retrait définitif américain du Vietnam. Le film appartient à la veine la plus sérieuse du réalisateur. Il met en effet la gravité qui sied à cette histoire qui traite du deuil impossible, de la désinvolture (Sinon du mépris) dont firent l’objet les anciens combattants du Vietnam et le mélange d’apathie et de ressentiment éprouvé par ces derniers. Clark brasse tout ces thèmes avec un certain courage mais il s’essouffle en cours de récit avant de se reprendre lors du dernier acte quand Andy assume son état de cadavre ambulant. Chaussant des lunettes noires et ce moins pour cacher la décomposition qui l’atteint que pour apparaître pour ce qu’il est: un spectre ainsi que la mauvaise conscience d’un pays qui a envoyé à la mort inconsidérément une partie de sa jeunesse. Il annonce en cela Rambo, et le fait que le surhomme guerrier de Stallone débarque dans un patelin inconnu et Andy Brooks soit chez lui ne change rien à l’affaire. Leur vécu en a fait des étrangers pour le reste du monde. En ce sens, Brooks est étranger chez lui. « I feel like a stranger in my hometown » comme chantait le King.
A suivre….


Aujourd’hui: « Le démon dans l’île » de Francis Leroi (1982)
Gabrielle Martin, médecin emménage sur une île de la Manche afin d’oublier un drame personnel. Elle fait face à un collègue installé depuis longtemps le docteur Marshall. Ce dernier n’exerce semble-t-il plus depuis longtemps et se tient à l’écart de la population. Par ailleurs, des objets qui ont en commun d’être vendus au supermarché local paraissent animés d’une vie propre et agressent les habitants.
Sorti en janvier 1983 et couronné du prix du suspens à Avoriaz, « Le démon dans l’île » appartient aux rares tentatives de fantastique français. Et une des plus remarquables, ne serait-ce que parce que le film ne passa pas à la trappe, bénéficiant non seulement d’une bonne publicité et d’un réel intérêt de la critique et du public. Il faut dire que l’opus de Francis Leroi le méritait. L’ambiance bien posée, le script simple mais efficace et des effets spéciaux réussis, « Le démon dans l’île » bénéficiait de plus d’un atout. Mais le point fort demeure ses personnages et leurs interprètes: deux êtres à la fois opposés et semblables. Opposés car Martin incarne la lumière et Marshall une menace qui bien que réelle demeure imprécise jusqu’au dénouement du récit. Semblables car ils exercent chacun le métier de médecin et portent la même blessure profonde.
Ne cédant jamais aux effet faciles sans négliger le spectacle, « Le démon dans l’île » prouve qu’il est possible en France de produire un cinéma fantastique de qualité propre à notre culture. L’ennui est qu’il ne fit pas école, renvoyant Francis Leroi ua monde du X et Annie Duperey aux réclames pour Marcelle Griffon (« Impeccable! ») avant qu’elle ne sombre dans les affres pécuniairement profitables mais d’une niaiserie désolante de « Une famille formidable »


Aujourd’hui: « La vieille fille » de Jean Pierre Blanc (1972)
Une vieille fille débarque dans la station balnéaire ou elle passe ses vacances chaque année. Un autre vacancier bloqué dans le village descend dans le même hôtel que la demoiselle prolongée. Il remarque cette dernière puis tente de la séduire. Ce qui n’est pas une mince affaire…
Jean Pierre Blanc n’eut guère de chance après « La vieille fille » dont il ne retrouva jamais le succès surprenant pour un premier film. Il y montrait un univers très personnel mêlant le banal à l’insolite. Il plaçait celui-ci dans le contexte des vacances estivales avec leur faune et leur décor que chacun d’entre nous a croisé – tout en en faisant partie. Amatrices de bronzette, baigneurs, pâtés de sables, personnel hôtelier etc. Et au sein même de cette trivialité l’étrange paraît. Les mariés qui font la tête, le pasteur flanqué de sa femme qui porte les stigmates du Christ, femme de chambre très portée sur la chose, les fanatiques de bronzette qui risquent littéralement leur peau. C’est dans ce cadre que s’effleurent sans se rencontrer les personnages incarnés par Annie Girardot (Dont ce fut une des meilleures prestations) et Philippe Noiret. Elle, seule, complexée qui se vautre dans son état tout en s’en plaignant, repoussant toute éventualité de rencontres. Lui, seul également mais jovial et ouvert au monde. Et surtout d’un optimisme à toute épreuve comme le prouve son obstination à séduire cette vieille fille. Il est vrai qu’il s’agit d’un défi…dont on ne saura pas à la fin s’il sera relevé ou non. Il est permis de penser que oui, sachant que la Catherinette consent à donner son numéro de téléphone au joyeux monsieur tout en rotondité.
Le film s’achève donc sur une note d’espoir. Laquelle convient à cette chronique qui porte un regard tendre et amusé sur une partie de l’année ou l’on se détend quitte à parfois se rendre ridicule. Et qui nous ramène à des temps plus aimables.
A bientôt!




Célébrons aujourd’hui Sainte Claire D’Assise!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…