Patricia Barzyk période Miss France en compagnie de Madame de Fontenay.


Patricia Barzyk période Miss France en compagnie de Madame de Fontenay.


Une photo olé olé en lien avec l’article précédent puisqu’elle rend hommage à Patricia Barzyk, ancienne Miss France devenue actrice et muse de Jean Pierre Mocky.




Aujourd’hui: « La machine à découdre » de Jean Pierre Mocky (1986)
Un chômeur est pris en otage par un médecin illuminé obsédé par la construction d’un hôpital destiné aux victimes de guerre. Accompagnés d’une jeune femme que le bon docteur a précédemment enlevée. S’ensuit une cavale cocasse et sanglante.
Par essence, Jean Pierre Mocky était un cinéaste inégal et controversé. Capable du pire comme du meilleur, abordant frontalement des sujets de société et doué d’une fantaisie acide qui n’appartenait qu’à lui. Ceux qui suivent ce blog le savent: j’en suis un très grand admirateur. Mais admiration ne signifie pas aveuglement. Ceci posé, allons-y pour cette « Machine à découdre » cru Mocky 1986.
Millésimé? C’est ce qu’on va boire! Euh, je veux dire voir, bien sûr!
Adapté d’un roman de Gil Brewer paru en 1955, le film se montre fidèle quant à la trame du livre mais diffère par le traitement forcément satirique du réalisateur. Si ce ton fait tout le charme de Mocky, ce dernier s’en est plus ou moins bien servi. Ici, cela fonctionne une fois sur deux. La faute à des personnages pour la plupart trop caricaturaux et, un comble pour Mocky, d’une banalité à pleurer: le maire, le yachtman, le propriétaire de piscine, l’agent immobilier, la cliente de celui-ci, grande bourgeoise froide et égoiste. Rien que des clichés que le metteur en scène ne cherche à épaissir un tant soit peu. Seule la petite fille qui joue du piano échappe à ce jeu de massacre maladroit. C’est d’ailleurs un moment de poésie bienvenu, un des atouts du film. S’ajoute à cela une musique insupportable et qui plus est envahissante.
Venons en maintenant aux atouts.
Les personnages principaux en revanche sont mieux brossés. Le chômeur victime puis ami du médecin fou, artisan doué et travailleur mais frappé par la déveine. La compagne du médecin, chanteuse guère plus veinarde, mystérieuse, ambigue ne manque pas de charme et pas seulement parce qu’elle passe la moitié du film à poil. Quant au médecin interprété par Mocky en personne, idéaliste obsessionnel à la gâchette trop facile, il est nimbé d’une irréalité renforcée par son costume blanc trop large et sa voix de fausset. Un concept plutôt qu’un personnage, une mauvaise conscience improbable autant que vengeresse malheureusement mal servie par ses proies évoquées plus haut. Les interactions entre ces trois êtres liés par le hasard, le danger et des destins cabossés sont d’ailleurs l’aspect le plus intéressant du film. Le chômeur et la chanteuse évoluent entre révolte, méfiance, et compassion tandis que le médecin demeure rivé à son idée fixe, horrible, horripilant et curieusement touchant dans sa sincérité…et dans son passé de médecin humanitaire qui l’a manifestement traumatisé. Monsieur Kouchner est bien loin.
Au final, un Mocky a demi-réussi. Sans doute expédié un peu vite, ce qui explique ses faiblesses. Heureusement, Mocky se rattrapera l’année suivante avec l’excellent « Agent trouble » On ne peut pas gagner à tout les coups!




Arlette Tardif, candidate du MRG à Rennes en 1986, ça vous inspire? En plus, on voit rien!

Aujourd’hui: Jean Edern Hallier
Il commença à scooter, termina à Bicyclette. Ce qui ne fut pas une arrivée sur les chapeaux de roues. Le jeu de mots est facile mais il y a avait une telle dimension clownesque chez l’ami Edern qu’il est difficile de garder son sérieux dès lors qu’il s’agit d’évoquer sa mémoire.
Certes, il ne fut pas qu’un pitre (A Pointe à Pitre ou ailleurs) Il était aussi un écrivain mais son ego exagéré même selon les critères admis en littérature dévora sa personne et partant sa vie. Suivant le principe de Mussolini selon lequel il faut s’affirmer partout ou on le peut, Edern promena son oeil unique sur tout les plateaux télé, les radios, en toutes occasions. Rien ne l’effrayait: de l’élection de Tonton à celle de Chirac, de la première guerre d’Irak (Il était contre) à la fête de Jeanne D’Arc (Se fendant pour marquer le coup d’un article dans « L’Action Française ») en passant par ses villégiatures chez l’ami Fidel Castro, eh oui le Lider maximo en personne, ce qui n’a rien à voir avec une marque de surgelés.
Et je ne parle pas de son passage chez « Les nuls ». Ni de sa tirade sur « Race d’ep » film manifeste sur l’homosexualité dont il assurait la promotion mieux que les auteurs eux-mêmes- En l’occurrence Lionel Soukaz et Guy Hocquengem-, pourtant présents. Avec la participation involontaires des Charlots. Et cette déclaration d’amour pour les moeurs antiques ne l’empêcha pas de traiter François Chalais de « pédé » lors d’une rixe télévisuelle mémorable.
L’on pourrait ajouter à cette liste déjà longue de ses faits d’armes son faux enlèvement et surtout, et c’est le plus important, ses démêlés présidentiels. En effet, et sans doute exagère-je, Edern se rêvait un destin à la Lamartine, se voyait homme de lettres et homme d’action. Quand l’art de la plume rejoint celui du sabre, ainsi que l’écrivait Mishima. Bon, on se calme. Edern avait manifestement le goût du chiqué (Cf: le faux enlèvement) et ne se serait sûrement pas ouvert le ventre en direct à la télévision. Par ailleurs – et ce n’était pas sa faute- le malheureux avait perdu un oeil suite à une négligence de sa nourrice. Ce qui lui barra la route d’une carrière militaire. Une honte pour qui est issu d’une longue lignée d’officiers. Quoiqu’il en soit, Edern se rêvait Lamartine, il ne fut que Victor Hugo. Ignoré par Giscard à qui il avait pourtant adressé une lettre dithyrambique, il se vengea du grand chauve via le pamphlet « Lettre au colin froid ». Si sa missive digne d’un champion olympique de la génuflexion n’en toucha pas une à VGE, son pamphlet lui laissa l’autre froide. N’importe comment, empêtré dans les camions de lait et des diamants centrafricains, pépère Giscard avait d’autres chats à fouetter. Et les choses en restèrent là.
Ou plutôt, cette foucade fut une répétition, une générale pour la grande scène du deux: son duel avec Tonton. Comme avec Giscard, il lui fit du plat, comme avec Giscard, il n’obtint pas le ministère qu’il avait tant convoité. Comme avec Giscard, il s’employa à écrire un pamphlet rageur….Mais, et c’est là que l’affaire prend une toute autre tournure. Quand Tonton eut vent de ce projet visant à éclabousser sa personne, il usa de tout son pouvoir contre l’agité breton. Les attaques présidentielles – auxquelles s’ajoutait un divorce- ne découragèrent pas Edern. Lequel parvint finalement à publier son livre -partiellement censuré- dix ans après sa rédaction « L’honneur perdu de François Mitterrand » (C’est être gentil, Tonton n’ayant JAMAIS eu d’honneur!) ou il se livre à un démontage en règle du nivernais. Evoquant pèle mêle Vichy, l’affaire de L’Observatoire, Mazarine et le crabe qui rongeait le vieux au nez et à la barbe des français. Certes, c’était à la fin du règne de l’intéressé mais cela demeurait courageux. Et souvent pertinent. Critiquant l’usage que Tonton avait de ses maîtresses, indigne selon lui de nos rois qui « Ne confondaient pas l’empire des sens avec le sens de l’empire » et raillant la cour, cette ignoble Mitterrandie. Ah comme il le détestait, ce conglomérat putride! Et, pour reprendre les mots de cette cintrée de Marie Cardinal: il avait les mots pour le dire. Voir sa galerie de portraits: « Gaystapette, sorte de Jacques Chazot qui ne saurait ni danser ni faire des mots d’esprit, il est frivole sans être artiste. » (Jack Lang) « Loukoum » (Serge Moati) « L’Attila des guillemets, inventeur d’insignifiances conceptuelles qui trempe sa plume dans l’huile de vidange » (Jacques Attali) etc.
Voila, c’est tout pour aujourd’hui. Je parlerais un autre jour des oeuvres littéraires de Edern, mais ce n’était pas le sujet du jour, vous l’aurez compris. Un dernier mot afin de conclure: malgré ou grâce à ses excès, Edern fut l’un des derniers des Mohicans littéraires, loin des eunuques contemporains. Aussi dis-je, crie-je même: vivement une relève!






Aujourd’hui: « La Camorra/ La saison à Baia » de Hugues Rebell (1900)
Intrigues amoureuses et politiques ou se mêlent sensualité et violence dans la Naples de la fin du XIXème siècle.

Le goût des écrivains français pour les pays méditerranéens fut l’un des héritages les plus durable des romantiques. Si ces derniers avaient un sens très particulier de la géographie – Ils confondaient l’Orient et l’Espagne- ils surent insuffler un puissant et durable intérêt pour le Sud du monde. Mérimée traita de la Corse et l’Espagne, Flaubert y alla de son voyage en Orient, sans oublier Maupassant qui non seulement fit un tour dans le Maghreb mais se fendit d’un quasi-pastiche de Mérimée avec « Une vendetta ».
Cette passion trouva sa place à la fin du XIXème siècle au sein de la mode pour l’exotisme au sens le plus large puisqu’il s’étendait de l’Orient à l’Asie en passant par la Bretagne et le pays Basque. Pierre Loti fut un des spécialistes du genre. Le cas de Hugues Rebell fut sensiblement différent. Moins éparpillé, il se concentra surtout sur l’Italie qui servit de décor à nombre de ses romans dont le plus fameux « La Nichina » et de façon plus brève dans un passage de « La câlineuse ». Dans « La Camorra » c’est à nouveau le cas et comme dans « La Nichina » le livre est centré sur une ville et une époque. Mais la Venise de la Renaissance fait place à la Naples contemporaine- enfin contemporaine de Hugues Rebell.
Mais outre ce qu’il faut bien appeler une mode, il semble que la fascination de Rebell pour l’Italie était motivée par le goût du sang. C’est particulièrement vrai dans « La Camorra » ou éclatent presque à chaque page les moeurs de ce « Mezzogiorno » brutales jusqu’au meurtre. Cela permet à l’auteur de se poser une fois de plus les questions qui lui tiennent le plus à coeur sur le prix de la vie et…le droit de tuer.
Une oeuvre sèche et sensuelle, brutale et élégante, toute en contrastes. A lire!
Pas d’anonyme pour cette photo olé olé mais la grande Sophia Loren!

Célébrons aujourd’hui Sainte Claire D’Assise!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…