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Yakuza pop, deuxième partie.
« La loi yakuza/ Yakuza kiebatsuchi/ Yakuza law » de Teruo Ishii (1969)
Trois histoires qui mettent en scène les châtiments usités par la yakuza envers les contrevenants à trois époques différentes. Le XVIIIème siècle, le début du XXème et les années 1960.
« La loi yakuza » était le film idéal pour conclure cet article et ce pour plusieurs raisons. Outre qu’il arrive à la fin des années 60, il marque un tournant dans le genre qu’il illustre, celui de la violence. Certes, le cinéma japonais a toujours eu dans ce domaine quelques longueurs d’avance. » La jeunesse de la bête » chroniqué auparavant en est un exemple et il date de 1963. En occident, il n’y a guère que le western italien qui pouvait alors rivaliser en la matière, lequel entretenait des points communs avec le film de sabre asiatique et s’en était inspiré. Après tout « Pour une poignée de dollars » de Sergio Leone était basé sur le scénario du « Yojimbo » de Kurosawa, lequel envoya une lettre à Leone ou il lui réclamait sur le mode ironique des droits d’auteur. Ceci étant le scénario de « Yojimbo » était lui-même une adaptation pirate de « La moisson rouge » de Dashiell Hammet.
Pour en revenir à « La loi yakuza », le film ne se distingue pas seulement par sa violence mais aussi par son cynisme. Il y avait jusque là une certaine neutralité, les cinéastes se contentant de complaire aux vrais gangsters en les dépeignant en masques de Kabuki figés à lunettes noires et coupe en brosse. Ou alors, c’était « L’éternelle épreuve sportive entre le bien et le mal » de Brasillach comme dans « Détective bureau 2-3 » de Seijun Suzuki dont le héros souhaitait à la fin du film un « monde sans yakuzas ». Ici, nulle noblesse, fut-ce celle de la vie dangereuse, nul flic pour assurer un peu de morale. Non, des gangsters qui torturent leurs pareils pour les faire marcher droit, asseoir leur pouvoir mais aussi exercer la cruauté la plus gratuite. Quant aux contrevenants, ils ne valent guère mieux dans ce panier ou, avec une sombre ironie, seul l’argent est rédempteur, ainsi que le prouve le dernier sketch de cette anthologie de l’horreur criminelle.
Teruo Ishii, le réalisateur, s’était fait une spécialité du sadisme avec son diptyque « Femmes criminelles » et « L’enfer des tortures » (Ou il était déjà question de punitions mais dans un autre milieu) ou ses premiers films dont certains appartenaient à la série « Line » (Des polars très osés pour leur époque, y compris aux normes asiatiques). Il était donc tout désigné pour livrer cette fresque sans espoir qui annonce la mutation du Yakuza eiga vers plus de sécheresse dont la grande saga criminelle « Combats sans code d’honneur » de Kinji Fukasaku sera un des exemples les plus achevés. En cela « La loi yakuza » est un film qui compte.

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Aujourd’hui: « Les crabes » de André Héléna (1967)
Em Carry, reporter intrépide et beau gosse met par hasard le doigt sur une affaire de corruption financière initiée par des hommes jusque là préservés de la délinquance. En d’autres termes, des amateurs qui paient déjà cher leur inexpérience. De surcroît, des requins autrement plus affûtés ont vent de l’histoire…

Ce n’est pas la première fois qu’il est question de André Héléna dans cette rubrique. Mais cette fois, l’ouvrage qui va être traité ici n’appartient pas à la saga des « Compagnons du destin » mais à une autre série « Em Carry », héros récurrent ainsi que l’indique le résumé et, toujours dixit le résumé ci-dessus, reporter beau gosse et intrépide. Ses aventures s’étalèrent sur quelques volumes dans la collection « Spécial police » du Fleuve noir. Dont ces « Crabes ». En fait oui et non. Car « Les crabes » rédigés en 1967 ne furent publiés…Qu’en 2001! En regard des contraintes du Fleuve noir, ce refus n’a rien d’étonnant. Trop long et noyant le héros récurrent au milieu d’une myriade de personnages. Sans doute Héléna a-t-il péché par excès de confiance, croyant que le fait de promener son reporter ici et là suffirait à berner son éditeur. Quoiqu’il en soit, cela permet de faire la transition avec le véritable sujet du livre: la délinquance financière.
Il semble que ce roman perdu (Puis heureusement retrouvé, trop tard hélas, mais retrouvé) fut l’un des premiers polars français à aborder ce thème. Si la littérature classique n’hésita pas à y mettre les pieds. Balzac visita plus d’une fois le monde de l’argent, notamment dans « La maison Nucingen », Zola également avec le bien titré « L’argent ». Et si Flaubert n’aborda pas directement le sujet, certains de ses personnages appartiennent au monde de la finance tel Dambreuse dans « L’éducation sentimentale ». Mais le polar, du moins à ma connaissance, se tint à l’écart de ce monde. Ce qui ne fut pas le cas chez les américains avec « Tucker’s people » de Ira Wolfert qui devint au cinéma « L’enfer de la corruption/Force of evil » de Abraham Polonsky.
Donc, en un sens, le livre de Héléna est un livre pionnier ou l’auteur toutefois reste fidèle à lui-même. Comme toujours avec lui, des pauvres types s’embarquent dans une histoire trop grande eux pour eux, eux qui ne semblent avoir le choix qu’entre la médiocrité et le malheur. Comme toujours, on passe dans un laps de temps somme toute bref (En ce sens, Héléna est le roi du rythme) d’un personnage à l’autre sans jamais perdre le lecteur. Cependant, la déveine des tristes créatures de Héléna se situe quelques étages au-dessus des truands de ces autres romans puisque prenant pour origine une grosse banque d’affaire suisse. L’autre différence est la variété de ces pieds nickelés. Honnêtes pèlerins séduits tardivement par le démon de la carambouille, ou anciens aventuriers au passé de collabos. « Les crabes » se distinguent également par l’humour, notamment dans la description des amours adolescentes telles qu’elles étaient vécues alors (Quand les parents avaient encore de l’autorité et qu’internet n’existait pas, loin de Jacquie et Michel) Le fait est assez rare chez l’auteur pour être signalé.
En bref, un polar riche, courageux et original dont on ne peut que regretter la publication bien trop tardive. A lire? Absolument!
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Aujourd’hui: Italo Balbo, maréchal de l’air de Mussolini.
Au commencement, il était socialiste, en tout cas républicain et fut même au passage franc-maçon. La guerre, la Grande ou il fut fantassin puis aviateur, le prépara à rejoindre une autre troupe, celle du Fascisme et de son chef: Mussolini. Terreur des rouges dont il incendiait les maisons. Il participa à la colonisation de la Lybie ou il créa un équivalent musulman du parti fasciste. Il devint le ministre de l’air du régime et gagna une popularité qui dépassa les frontières de l’Italie, comme le prouva sa triomphale tournée aux Etats-unis qui lui valut d’être nommé chef par une tribu indienne (Voir photo) Il mourut retour de Tobrouk, sans qu’on sache si c’était le fait d’un « tir ami » ou d’une volonté du Duce qui lui reprochait son opposition à la guerre et à l’alliance avec l’Allemagne.



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Flingues et costards, suite!
Henry Silva dans « Je vous salue Mafia » de Raoul Lévy (1965)

Jo Shishido, photo publicitaire.

Lee Marvin dans « A bout portant/The killers » de Don Siegel (1964)

Eddie Contantine dans « Alphaville » de Jean Luc Godard (1965)

Angie Dixkinson et Lee Marvin dans « Le point de non retour/Point blank » de John Boorman (1967) Le repos du guerrier…

Clint Eastwood dans « L’inspecteur Harry/ Dirty Harry » de Don Siegel (1971)

American actor Clint Eastwood on the set of Dirty Harry, directed by Don Siegel. (Photo by Sunset Boulevard/Corbis via Getty Images) Alain Delon dans « Un flic » de Jean Pierre Melville (1971)

Michael Caine dans « La loi du milieu/Get Carter » de Mike Hodges (1971)

Al Pacino dans « Un après midi de chien » de Sidney Lumet (1975), le flingue du paumé. A ma femme Léon…






