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Aujourd’hui: La Marine à Dixmude, ou le fait d’armes des matelots de l’Amiral Ronarc’h.
Il est des légendes qui divisent. C’est le cas de la bataille de Dixmude en Belgique (Aussi connue sous le nom de « Bataille de l’Yser ») dont on oublie souvent qu’avant de se conclure en victoire éclatante sur l’armée du Kaiser, l’affrontement démarra en catastrophe, opposant 6500 fusiliers marins français et 5000 belges à 50 000 allemands. Beaucoup de ces combattants moururent pour être remplacés par des matelots qui n’avaient pas de spécialité de combat et qu’il fallut former au plus vite. Et heureusement avec succès. Et notamment parce que nombre de ces hommes savaient nager, contrairement à leurs adversaires teutons. Ainsi des diables surgissaient-ils des eaux bordant la presqu’île de Dixmude pour terrifier l’ennemi en barque. Pour en savoir plus, reporter vous au livre de Jean Mabire « La bataille de l’Yser » et à la chaîne de « Un odieux connard » sur YouTube qui propose d’excellentes et amusantes vidéos historiques. Si ce monsieur me lit, je le salue.



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Aujourd’hui: Soldat Albert Roche.
Il était nul à l’instruction, causant le désespoir de ses supérieurs. Mais ce qui s’appelle nul. Le pompon, ce fut lorsqu’il manqua à l’appel un beau matin. Tout portait à croire que le gonze avait déserté. Sauf que, sauf que…il n’en n’était rien. Le dénommé Albert Roche avait rejoint le front à pieds. Il parvint jusqu’à une tranchée française dont les occupants étaient tous morts…mais le matériel intact. Dont la mitrailleuse. Avec ses munitions. Alors, le nullos, le pauvre bitos, disposa les corps de manière à les faire passer pour vivants puis se servit de leurs armes, dissimulé par leurs cadavres. Ce fut ainsi que Roche persuada ceux d’en face qu’ils n’étaient pas venu à bout de leurs adversaires. Et, partant, les amena à se rendre.
A lui seul, ce gazier dont personne n’attendait rien, avait défait un régiment. Et ce fut le début d’une série d’exploits qui garnirent la poitrine de Roche d’une batterie de décorations digne de la rue de Rivoli avant l’élection de la mère Hidalgo. Hélas, Roche connut une fin ridicule, suite à une chute dans l le métro. Cela ne ternit cependant pas la légende de celui que certains surnommèrent plus tard le « Captain America français », voire le « Capitaine France », ce qui a de quoi énerver, Roche prouvant que nous avions des héros bien à nous. Quoiqu’il en soit, Albert Roche laisse derrière lui une légende qui n’a en rien été enjolivée et prouve que les guerres réservent bien des surprises. Des hommes qui paraissent solides s’écroulent moralement quand d’autres qui « ne paient pas de mine » se révèlent.

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Match de Foot des Gurkhas.

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Les écrivains dans la guerre 14/18, suite.
La première partie de ce dossier se concentrait sur les auteurs français qui avaient connu le feu des tranchées. Dans la seconde, il y aura encore des auteurs de notre pays mais aussi des étrangers. Après tout, c’était une guerre mondiale. Entre boucheries et champs d’honneur.
Pierre Loti en uniforme de l’Armée de terre? Eh bien, oui. L’officier de Marine qui avait pourtant atteint l’âge de la retraite exigea son changement d’arme afin d’être au plus près du conflit. S’il fut bel et bien présent dans les tranchées, l’auteur de « Mon frère Yves » ne combattit guère, rattrapé par les années. Néanmoins, il montra indéniablement du courage, n’étant pas plus à l’abri que les autres d’une balle perdue. Ce fut d’ailleurs le drame de cet homme qui ne manqua jamais de tripes mais toujours d’occasions, contrairement à son ami Claude Farrère, également écrivain et militaire. Pour l’anecdote, sa première mission eut lieu à bord d’un navire espion lors de la guerre de 1870 au large des côtes allemandes. Navire qui de par sa fonction ne pouvait riposter aux attaques.

Roland Dorgelès, auteur d’un des plus grands livres anti-guerre « Les croix de bois »

Henri Barbusse, auteur d’un autre brûlot, le bien titré « Le feu »

Roger Vercel ne participa à la guerre que lors des derniers mois de celle-ci. Il en tira cependant matière à inspiration, notamment pour le célèbre « Capitaine Conan »

Guillaume Apollinaire, le génial poète qui avait presque fait oublier qu’l était polonais et voulait prouver sa gratitude à sa patrie d’adoption s’engagea, survécut à sa blessure…pour mourir de la grippe espagnole. Sale ironie.

Autre étranger à participer au conflit sous notre drapeau, Blaise Cendrars combattit dans la Légion. Il y perdit un bras. Manchot donc, mais pas avec sa plume (Même si, je dois l’avouer, je n’apprécie que moyennement les oeuvres du sieur Cendrars, un grand talent mais qui ne me touche guère) il tira deux livres de ce baptême du feu particulièrement cruel: « L’homme foudroyé » et « La main coupée » C’était de circonstance.

Jean Giono, qui fut le plus pacifiste des écrivains issus de la Grande guerre. Hélas, il s’égara lors de la Deuxième guerre en participant à la feuille collaborationniste « La gerbe » avec laquelle il n’avait de commun que la pacifisme.

Vous ne l’avez sans doute pas reconnu mais il s’agit de J.R.R Tolkien. Eh oui, le créateur du « Seigneur des anneaux » en personne. Il fut atteint de la fièvre des tranchées qui le sauva probablement de la mort.

Ernst Junger. Génial écrivain et féroce combattant. Son désormais et depuis longtemps classique « Orages d’acier » est l’un des rares romans à donner une vision non compassionnelle de la guerre.

Ernest Hemingway. Le porte-drapeau de la « Génération perdue » (Avant Johnny Hallyday) fut gravement blessé en Italie. Il aurait eu une liaison avec une infirmière lors de sa convalescence…

Pour finir, Curzio Malaparte. Qui faillit bien louper sa guerre. Pour un peu, il nous l’aurait joué « La chartreuse de Parme »






