Un salon de coiffure qui va bientôt fermer…

Un salon de coiffure qui va bientôt fermer…

Aujourd’hui: Le patron, diable de la comédie française des années 70.
Le patron…objet de la haine de certains et notamment d’une partie des français, ces fameux gaulois réfractaires selon des mots de notre président, qui a décidément le sens de la formule, à défaut d’autre chose. Avide, tyrannique, dépourvu de scrupules voire d’humanité, parfois lubrique (Remettant ua jour le droit de cuissage sur les secrétaires, une figure classique fréquemment utilisée dan le porno, mais ce n’est pas le sujet) Bref, le patron est un démon, un diable, un monstre. Au choix. S’il ne s’agit pas ici de juger du bien-fondé de cette image, il est intéressant d’analyser la représentation de cet archétype social au cinéma. Notamment celui d’une décennie qui m’est chère, les années 70. Riche période pour le 7ème art de par le grand nombre de films de qualité qu’elle vit naître, ses excès et ses contradictions. Réactionnaire et contestataire, insouciant et désespéré, prophétique et trop marqué par son temps.
Puisqu’il est question du patronat et de contestation, l’époque ne fut pas en reste en la matière. Entre « La classe ouvrière va au Paradis » de Elio Petri et « L’argent des autres » de Christian de Chalonge, « Le corps de mon ennemi » de Henri Verneuil ou « La femme flic » de Yves Boisset (Lequel a souvent abordé le sujet) le patron qu’il apparaisse en filigrane ou en tant que personnage à part entière, est la source sinon de tout les maux, en tout cas d’une partie d’entre eux. Mais ces films appartiennent à un registre sérieux.
La comédie s’y intéressa forcément. Ce n’était d’ailleurs pas une nouveauté. Deux films notamment s’y attaquèrent, sortis la même année – 1976, en l’occurrence- « Le jouet » de Francis Veber et « L’aile ou la cuisse » de Claude Zidi.
« Le jouet »
Un journaliste fraîchement sorti du chômage consent à servir de « jouet » au fils de son patron, homme froid et autoritaire. Une relation complice va bientôt s’établir entre l’homme et le garçon (Attention, on est pas chez Cohn-Bendit!) laquelle va déstabiliser le père.
« Le jouet » c’est bien connu occupe une place à part dans la carrière de Pierre Richard. Alors que l’acteur était au sommet de sa gloire, le film (Le premier en tant que réalisateur de Francis Veber) ne fit qu’un score modeste. Et pour cause, le ton s’éloigne de l’insouciance habituelle de la filmographie de Richard, diluant son burlesque coutumier dans la critique sociale et un ton doux-amer. Certes, et ce pour bien marquer le lien avec le thème du jour, la critique sociale n’était pas une nouveauté en soi chez Pierre Richard. ce dernier passa à la moulinette les publicitaires (« Le distrait »), les jeux télévisés idiots (‘Les malheurs d’Alfred ») et surtout les marchands de canons (« Je ne sais rien mais je dirais tout ») Autant de piques adressées à la manipulation par le divertissement et, en creux, au pouvoir.
Cependant, dans « Le jouet », la critique est beaucoup plus frontale et prend un angle inattendu. Celui de l’affection paternelle qui ne parvient pas à s’exprimer chez le personnage de Michel Bouquet, impitoyable magnat à la mâchoire le plus souvent serrée. Si Pierre Richard occupe son emploi de lunaire qui dérange la partie par ses gaffes il est confronté à un roc qui ne se fissure que lors des derniers instants. Quand Bouquet prend conscience qu’il n’a jamais su montrer à son fils qu’il l’aimait. Il faut à ce propos reconnaître une certaine finesse à Veber dans le portrait qu’il brosse de ce patron qui, pour antipathique qu’il soit, demeure un être humain.
A suivre…


Une jeune fille innocente? Cela reste à voir…

Aujourd’hui: Johnny Kidd and the pirates.
Né Frederick Heath dans le nord de Londres. Adolescent, il renverait dan je ne sais plus quel parc les chaises longues ou se reposaient les soldats américains avec leurs conquêtes d’un jour, ce qui ne l’empêcha pa plus tard de se pasionner pour les rythmes venus de l’autre côté de l’Atlantique, mais on y reviendra. Jeune adulte, il vécut de petits boulots et était si pauvre qu’il se peignait les pieds pour cacher les trous dans ses chaussettes. Puis, il fut saisi par le démon de la musique (ça y est, on y vient!). Heureusement. Entouré d’un groupe nommé les Pirates par leur maison de disque, il devint Johnny Kidd en hommage au célèbre capitaine. Lui et ses matelots auraient pu n’être qu’un gadget de studio. Il n’en fut rien. Car en plus d’être un excellent chanteur, Johnny Kidd savait trousser une chanson et donna au Rock anglais encore balbutiant son premier vrai classique « Shakin’ all over » en en 1960, lequel suivait « Please don’t touch », paru l’année précédente. Guitare saturée de réverbération, paroles au caractère érotique à peine voilé, rythme lancinant. Une bombe, et ce quatre ans avant les Rolling stones. Le titre ne rompait pas avec l’influence américaine mais possédait un cachet spécifique à l’île des angles qui allait ouvrir une porte dans laquelle beaucoup s’engouffrerait. Freakbeat, Hard Rock, Glam Rock, Pub Rock et même Punk. Lee Brilleaux et Wilko Johnson de Doctor Feelgood allaient revendiquer l’influence de l’homme au cache-oeil, les Who avaient « Shakin’ all over » dans leur répertoire de scène.
Outre la musique, le capitaine eut aussi une influence sur le look de certains. Les accoutrements de sa bande (Imposés par la maison de disques, mais quand même) donnèrent sûrement des idées à Bowie et à Adam Ant, grands déguisés devant l’éternel. Il ne faut pas oublier le décor dans lequel se produisait le groupe, le faux galion qui allait si bien avec leurs tenues. Ce sens de la mise en scène n’échappa sûrement pas aux tenants du Rock progressif. Aussi, quand le Rock se réveilla au milieu des années 70 avec comme fer de lance le Pub Rock, il était presque logique que certains trouvèrent une inspiration chez ces (déjà) glorieux ancêtres.
Johnny Kidd mourut dans un accident de voiture en 1966, dans l’indifférence. Mais son héritage lui survécut. Pour le bonheur de beaucoup et notamment de sa descendance qui touche encore aujourd’hui chaque mois un chèque de royalties.





Célébrons aujourd’hui Sainte Claire D’Assise!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…