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Aujourd’hui: « Les salauds ont la vie dure » de André Héléna (1951)
Maurice, petit truand, assassine sa maîtresse dans un accès de jalousie. Cette dernière étant en compagnie d’un membre éminent de la Gestapo, Maurice devient l’objet des traques conjuguées des polices françaises et allemandes. Contraint à la cavale, l’homme devient résistant au terme d’une série d’aventures violentes et picaresques à la fois.

Et un André Héléna, un! « Les salauds ont la vie dure » occupe une place particulière dans l’oeuvre abondante autant qu’inégale du catalan du Polar français. Nettement plus long que la plupart de ses autres livres – et par ailleurs pourvu d’une suite, dont il sera bientôt question ici- plus riche et plus complexe, il démontre chez l’auteur une capacité à créer une véritable saga. Mais outre la longueur inhabituelle, le ton diffère. Certes, l’histoire de Maurice devenu truand par défaut puis résistant par hasard dira forcément quelque chose aux lecteurs familiers de cet univers, mais elle se distingue en cela que, malgré les sombres événements qui parsèment le récit, l’espoir apparaît. Par des figures positives et par la métamorphose du héros qui abandonne peu à peu ses motivations purement personnelles pour une cause juste et patriote.
Rythmé et dur, érotique et romantique, n’excluant ni l’humour ni la réflexion, un grand livre qui donne à regretter encore une fois le peu de reconnaissance dont souffre toujours André Héléna et ce en dépit des efforts d’éditeurs courageux tel Fanval noir à a fin des années 80 ou E-dite dans les années 2000.
A lire? Absolument!


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Adieu Jimmy Carter

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Aujourd’hui: « Niourk » de Stefan Wul (1957)
Un orphelin surnommé ‘L’enfant noir » survit au sein d’une tribu sur une Terre ravagée par une apocalypse nucléaire. Un jour, il quitte la tribu pour mener une quête dont il ressortira transfiguré…

Certes, Noel est passé mais c’est tout de même la fin de l’année. Le moment propice pour évoquer l’enfance et ses lectures. « Niourk » de l’auteur Stefan Wul (Qui s’appelait, je le rappelle, Pierre Pairault et exerçait le métier de dentiste) faisait pour ma part partie de ces lectures de l’âge tendre. Il y avait en effet de quoi avec cette histoire d’enfant égaré qui, livré à lui-même, grandit au gré des expériences qui jalonnent son chemin. C’est de manière transcendée l’histoire d’un passage de l’état d’enfant à celui d’adulte.
Cela ne doit pas occulter le caractère futuriste du récit et son cadre – une planète, la nôtre, détruite ce qui amène un renversement parfois comique des valeurs (Voir les publicités considérées comme des images religieuses, idée que reprendra Jean François Laguionie dans son dessin animé « Gwen le livre des sables ») Dans ce contexte, la transformation de l’enfant noir en être supérieur montre la foi de l’auteur en la jeunesse et en sa capacité salvatrice. Thème fréquent chez Wul, déjà présent dans « Oms en série » ou un jeune garçon sort son peuple de sa condition d’esclave. « Les jeunes, c’est l’avenir! » semble nous dire Wul. J’ai pour ma part des doutes. Surtout en voyant Greta Thunberg. Mais bon, son livre demeure un bon souvenir!






