Aujourd’hui: Collection « Péchés de jeunesse » suite et fin…
« Vous êtes trop bon » de Peyo, Vicq et François Walthéry (1963)
Jacky et Célestin, deux grands adolescents aventureux se retrouvent pris entre un savant créateur d’un sérum outrant le sérum de générosité et des truands qui convoitent l’invention.
Crée par Peyo après un personnage promis à une belle longévité « Benoit Brisefer », la série « Jacky et Célestin » fut dessinée par divers artistes, l’auteur se limitant à l’écriture du scénario en raison de la trop grande charge de travail. Ici, c’est le créateur de « Natacha, hôtesse de l’air » François Walthéry qui s’y colle. Destinés de par l’âge de ses héros aux lecteurs les plus grands du Journal de Spirou, « Jacky et Célestin mêlent avec bonheur aventure, pastiche de romans policiers (Jacky en est d’ailleurs un grand amateur et s’inspire de ses lectures pour s’infiltrer parmi les truands ou leur régler leur compte) pimentant l’ensemble d’un soupçon de fantastique. Une réussite qui n’eut qu’une brève existence puisque démarrée en 1960, elle s’acheva en 1964. Heureusement, « Péchés de jeunesse » l’exhuma.
Aujourd’hui: Collection « Péchés de jeunesse » suite…
« Chaminou et le Khrompire » de Raymond Macherot (1964)
Royaume de Zooland, pays imaginaire ou les animaux vivent en paix à condition e me pas manger de véritable viande. Un ministre peu scrupuleux s’adjoint les services du redoutable Khrompire – qu’on peut qualifier de tueur en série ou plutôt de mangeur en série- pour se procurer le mets interdit. Heureusement, Chaminou, agent de la police secrète du roi, son courageux ami Pépin la souris et son horripilante secrétaire Zonzon, veillent au grain.
Il y a tout ici. Espionnage à la James Bond (Le héros est un agent secret, profession très à la mode alors suite au succès de 007) mâtiné de film noir (Chaminou a une secrétaire comme beaucoup de privés) horreur un brin Gothique tendance Hammer films (Le Khrompire apparaît brièvement en cape et haut de forme), gadgets, références au consumérisme des années 60, à l’omniprésence de la publicité et de la télévision.
Satire sociale, récit d’espionnage aux limites du fantastique, le tout saupoudré d’humour souvent très noir, « Chaminou et le Khrompire surprit en son temps par un ton très éloigné de celui des bandes dessinées du « Journal de Spirou ». Considéré comme un classique aujourd’hui, il ne choquerait plus guère en ces temps ou des travestis lisent des contes de fées dans les maternelles.
Péchés de jeunesse…Qui se souvient de cette collection publiée entre 1976 et 1987 rééditant les premières oeuvres de Peyo, Walthéry ou Tillieux, autant d’étoiles de la bande dessinées belge et de la bande dessinée tout court?
Comprenant 25 volumes, cette série permit de redécouvrir quelques perles de ces grands noms quand ils étaient encore inconnus mais faisaient déjà montre de leur talent.
Voici quelques uns de ce bijoux, par ailleurs souvenirs de mon enfance. Firent-ils également partie de la votre?
» Le lac de l’homme mort » de Maurice Tillieux (1953)
Les années 50 eurent entre autres obsessions l’atome. Depuis le largage des bombes Fat man et Little boy sur Hiroshima et Nagasaki, il est vrai que la crainte de l’index fatal sur le bouton lançant la Bombe H s’était développée un peu partout dans le monde. Le cinéma s’en fit l’écho (« Split second » et bien sûr, « En quatrième vitesse ») mais aussi la bande dessinée. C’est le cas de cet album de Maurice Tillieux faisant partie des aventures de Marc Jaguar. Ces aventures furent à la vérité peu nombreuses, il semblerait en effet qu’elles se réduisent à deux opus. Outre ce « Lac de l’homme mort » il y eut « Les camions du Diable » qui commencèrent à paraître en feuilleton dans « L’intrépide » mais furent interrompues par la disparition dudit journal. Reste donc ce très beau volume ou le héros, photographe de presse (Il était policier dans ses premières aventures, des histoires courtes, peut-être perdues, mais passons, il faut croire que le journalisme inspirait davantage Tillieux en l’occurrence que la police) doit pour le compte de son journal prendre des clichés du « Lac de l’homme mort ». Cette initiative semble déranger un certain Igor Saint-Ange, financier douteux au physique évoquant un croisement entre Kojak et Edgar Faure. Ce dernier met autant de bâtons qu’il peut dans les roues de Marc Jaguar. Mais notre héros, aidé par un ami détective privé au chômage, mènera son enquête jusqu’au bout.
Très bien construit, annonçant le « Gil Jourdan » qui fera la gloire de son auteur, destiné aux enfants ainsi qu’aux adultes par son coté « Série noire » affirmé, en prise avec son temps (La préoccupation atomique mentionnée plus haut) sans être démodé de nos jours,original et devançant le déjà cité ici « En quatrième vitesse » par son intrigue policière parfumée de science-fiction « Le lac de l’homme mort » est un très beau « Péché de jeunesse »
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…