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Aujourd’hui: » Sailor et Lula/ Wild at heart » de David Lynch (1990)
Sailor et Lula, deux marginaux délinquants son engagés dans une cavale, poursuivis par des tueurs à la solde de la mère de Lula aveuglée par sa haine de Sailor. Leur voyage est jalonné de rencontres improbables et d’épisodes, forcément, violents.
« Sailor et Lula »…Palme d’or controversée de l’année 1990. Déjà dans l’excellent journal Starfix, l’un des rédacteurs (François Cognard, je crois) e demandait si l’oeuvre ne risquait pas de mal vieillir. David Lynch nous ayant quitté, il m’a semblé opportun de revenir sur le film.
Lynch était un cinéaste audacieux et parfois difficile, en particulier à la fin de sa carrière, laquelle laissait pour le moins perplexe. Issu de la marge avec « Eraserhead » en 1978, film bricolé mais assez singulier pour retenir l’attention des producteurs, Lynch embraya sur deux commandes. « Elephant man » , d’abord, biographie mélodramatique d’un phénomène de foire victorien. Ensuite, « Dune », adaptation d’un des romans les plus ennuyeux de la Terre qui parvint à mettre tout le monde d’accord sur sa médiocrité. L’un dans l’autre, le « vrai » Lynch n’apparaissait pas vraiment, sauf à certains moments. « Blue Velvet » permit enfin au cinéaste de s’exprimer. « Blue Velvet », étrange objet à mi-chemin entre la chronique provinciale et le polar mêlait paysages forestiers idylliques, sado-masochisme, violence et sentimentalisme, étonnant le public et asseyant la personnalité de l’auteur.
Puis vint « Sailor et Lula »
Inspiré du livre de Barry Gifford, « Sailor et Lula » est avant tout un film d’amour fou, ce que personne ne contesta, y compris les détracteurs du film. L’amour entre deux êtres issus de la lie de la société, pas très malins (Ainsi que le soulignait je ne sais plus qui dans « L’événement du jeudi » en commençant son papier par « Deux crétins s’aimaient d’amour tendre… ») violents et à priori incapables de sortir de leur condition.
Et pourtant…l’amour triomphe envers et contre tout. Le récit s’ouvre sur un meurtre commis par Sailor puis, après une ellipse, sur sa sortie de prison. Laura l’accueille. Ils se retrouvent, amoureux comme au premier jour. L’histoire suit son cours, empreinte de bizarrerie et de brutalité, puis se ferme sur une nouvelle sortie de prison. Là, les choses semblent mal s’annoncer. Si Lula, devenue mère entre-temps, demeure amoureuse, Sailor est en revanche désabusé, prêt à délaisser Lula et ce fils qu’il ne connait pas. Heureusement, une branlée salutaire le remet dans le droit chemin, lui faisant apparaître la « Bonne sorcière » qui lui enjoint de retourner auprès de son amour. Ce qu’il fait.
Alors, en dépit de la violence subie ou exercée, de la prison, de tout l’amour triomphe. Un article paru dans « Mad movies » déclarait que « Blue velvet » était lernier film « clair », c’est à dire compréhensible, de David Lynch. Même si en art tout peut se discuter, « Sailor et Lula » mériterait davantage d’être ainsi qualifié. Les amoureux dont l’union défie la pire des adversités sont limpides, surtout comparés aux expériences suivantes du cinéaste. Entre les secrets de famille de Laura Palmer de « Twin peaks, fire walk with me », le couple en crise avec une chronologie digne de Pinter de « Lost Highway » ou les délires hollywoodiens de « Mulholland drive ». Dans cette trilogie à la logique venue d’ailleurs, il n’y eut qu’une exception « Une histoire vraie » ou le périple dun vieil homme traversant le pays pour se réconcilier avec son frère.
A rapprocher du « Démon des armes » et de « Apportez moi la tête d’Alfredo Garcia », dans le registre d’un romantisme noir contemporain. Avec toutefois une fin heureuse, ce qui en fait un conte de fées moderne.







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Aujourd’hui: le Trilby
Après le Pork pie, il était impossible de ne pas évoquer le Trilby. Autre coiffure prisée par les musiciens de Jazz, d’obédience « Cool » au départ, il devint avec l’arrivée des hippies un symbole réactionnaire – et ce après avoir été mis à mal par ce Rock’n’Roll que je chéris tant, et ce bien que le King ne dédaignait pas les couvre-chefs- emblème du flic, de l’agent secret ou de l’homme d’affaires, bref de tout ce qui incarnait aux yeux des chevelus le pouvoir, la répression, l’argent, la réaction.
Au cinéma, il fut ironiquement le plus présent au cours de l’explosion psychédélique, c’est à dire la fin des années 60, en particulier dans le polar. Les derniers privés du grand écran incarnés par Sinatra ou Peppard le portèrent, sans oublier Godfrey Cambridge formant la moitié de la paire Coffin Ed/ Gravedigger Jones imaginée parle romancier Chester Himes dans leur première aventure cinématographique » Le casse de l’oncle Tom ».
Les espions ne furent pas non plus en reste entre Yul Brynner, espion poursuivi par son double dans « La griffe/ The double man » de Franklin J. Schaffner.
Autant de films qui signèrent la fin du héros à chapeau et donc d’une certaine élégance. Mais aussi d’un certain type de cinéma, le Néo-Noir, transition entre le classicisme et autre chose…
Yul Brynner dans « The double man/ La griffe » de Franklin J. Schaffner (1967)

Elvis et Priscilla.

Frank Sinatra dans « Tony Rome/ Tony Rome est dangereux » de Gordon Douglas (1967)

George Peppard dans « P.I/Syndicat du meurtre » de John Guillermin (1968)

George Kennedy et Henry Fonda, plus deux acteurs que je n’ai pas identifié. Notez le Trilby porté par l’acteur présent à la gauche du cliché. « The Boston strangler/ L’étrangleur de Boston » de Richar Fleischer (1968)

Roscoe Lee Brown dans « Topaz/L’étau » de Alfred Hitchcock (1969)

Godfrey Cambridge dans « Le casse de l’oncle Tom » de Ossie Davis (1970)

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Adieu David Lynch…

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Qui se souvient de « La vie parisienne »? Pas celle de Offenbach (Quoique..) mais des stars et des pin ups à la française? En voici quelques une pour le plaisir des yeux!











