Benjamin Rabier fut on le sait un ami de la gente animale tant il rendit hommage à nos « Frères inférieurs » – terme dont l’ironie échapperait de nos jours à nos amis antispécistes- au travers de personnages tels que Joséphine la grenouille, Jeannot lapin, Charlemagne le cochon et bien sûr les chiens, Charlot le basset ou encore Flambeau, chien de guerre. Lequel rappelait qu’au-delà de l’insouciance de l’enfance, on mourait pour la France dans les tranchées…
Il fut le créateur de Gédéon le canard et de La vache qui rit, ainsi que de nombreux animaux antropomorphes et malicieux qui enchantèrent des générations de petits français. Gédéon connut même une résurrection télévisuelle au milieu des années 70 ( Voir article précédent sur les canards) Mais si ces créations animalières firent la gloire de l’illustrateur, elles ne furent pas les seules. Outre ce qui s’apparentait alors à de la bande dessinée, Rabier se consacra au dessin de presse dans « Pèle mêle » ou » L’assiette au beurre », à la publicité et pas seulement à la vache qui rit, à la satire ainsi qu’à de nombreux ouvrages éducatifs destinés à la jeunesse. Sans compter qu’il fut également dramaturge.
Clin d’oeil à l’article précéent. Mais quel rapport entre Yves Montand, Marilyn Monroe et les canards? Il y en a un. Entre le Papet et les canards, ou plutôt un canard. Donaled le canard, dont le Papet imitait la voix à la radio à ses débuts. Il faut bien commencer quelque part!
Nouvelles rubrique qui s’imposait tant je suis un grand penseur, BHL n’a plus qu’à se rhabiller§
Cet article est dédié à Saturnin le canard, dans nos rêves d’enfants pour l’éternité….
Aujourd’hui: Le canard.
Le canard, présent dans nos nos assiettes, accompagné de navet, agrémenté d’agrumes ou sous forme de magret à la sauce aux airelles. Il peut aussi servir de petit nom pour un enfant, un ami, une épouse. Il est banni par les musiciens, car synonyme de fausse note mais apprécié du buveur de café qui aime à tremper un sucre dans son breuvage.
Le canard se décline aussi en dessin, en illustré, en chanson et par extension, au cinéma et à la télévision.
Benjamin Rabier créa l’héroique canard au long cou Gédéon, roi d’une cour de ferme jouant des tours pendables au chasseur, anticipant Bugs Bunny et le lapin de Chantal Goya, Walt Disney inventa le célèbre Donald qui bien que loin de l’actuel président américain était lui aussi opiniâtre, allant jusqu’à casser la gueule à Hitler. Quant au dictateur susmentionné, il fut lui-même héros de cartoon avec en prime son homologue italien Mussolini….sous l’apparence de canards ( ‘The ducktators », voir parmi les images ci-dessous) Puis il y eut chez nous l’authentique caneton Saturnin, création de Jean Tourane à laquelle le chansonnier Ricet Barrier prêtait son timbre gouailleur. Le petit canard exerçait tout les métiers dans ses aventures télévisuelles qui enchantèrent les enfants des années 60.
Outre-Atlantique encore, apparut un peu plus tard « Howard the duck », un palmipède de la variété « Vilain petit canard ». (Espèce que j’ai oublié de mentionner dans l’introduction, mais bon, on ne peut pas penser à tout!) Tabagique, alcoolique, dragueur et doté d’un langage…peu châtié. Pour rester poli. Né sous le crayon de Steve Gerber (scénario) et Val Mayerik ( dessin) Howard, peu fréquentable animal antropomorphe arrivé sur Terre on ne ait comment montra son bec pour la première fois en 1973 dans la bande-dessinée « Adventures into fear » avant d’avoir son propre titre en 1976. Il fit l’objet d’une adaptation à l’écran en 1986, l’éponyme « Howard the duck » de Willard huyck et Gloria Katz hélas aseptisé n’enrichit pas son producteur George Lucas.
Dans les années 70 toujours, tandis que Gédéon avait les honneurs de la petite lucarne grâce au réalisateur Michel Ocelot, le Disco s’empara du volatile, plus précisément un certain Rick Dees, lequel accompagné de son groupe « The cast of idiots » ( Touche d’autodérision?) pondit « Disco duck » mettant ainsi en lumière les dispositions jusque là secrètes du canard pour le déhanchement. Suite à l’énorme succès de la chose, la France prit une revanche bien méritée en 1981 ( Année de l’élection de Tonton à la présidence, c’était décidément une sale période et le pire c’est que ce n’est pas fini!) avec ce classique de la chanson de camping et des noces et banquets « La danse des canards » de J.J Lionel. En fait, une chanson suisse déjà interprétée à plusieurs reprises, oeuvre d’un accordéoniste du nom de Werner Thomas. L’incroyable triomphe de la version francophone suscita une reprise québécoise, mais ça c’est une autre histoire!
Aujourd’hui: Edition spéciale truands qui déraillent, troisième partie. « Scarface » de Brian de Palma (Etats-unis, 1983) « Je suis…comment vous dites?…. Paranoiaque… » L’histoire de Tony Montana, immigré passé des prisons cubaines à l’épluchage d’oignons avant de se retrouver sur le trône de la cocaine dont il ne tardera pas à chuter. Que n’a-t-on écrit et dit sur…