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Célébrons aujourd’hui Sainte Félicité!

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« Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute. »
Michel Audiard

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Entre motards bidasses et surhomme afro.
« Les machines du Diable/The losers/Nam’s angels » de Jack Starret (1970)
Un gang de motards dont le chef est un ancien militaire est recruté par l’armée américaine pour libérer un agent retenu par le Vietcong derrière les lignes ennemies.
« Les machines du Diables » ( Par ailleurs déjà évoquées ici) appartient à l’un des genres phares de l’exploitation: le film de motards. Ou de Bikers. Le genre en question tire ses racines dans les années 50 via « L’équipée sauvage » avec Marlon Brando, (Inspiré d’un authentique fait divers survenu en 1947 à Hollister) qui narrait le règlement de compte de deux bandes motorisées rivales dévastant au passage une petite ville californienne. « L’équipée sauvage » fut ainsi le prototype de ce type de cinéma qui ne commença à éclore vraiment qu’à la fin des années 60, époque ou les Hells angels suscitaient l’engouement des médias.
Il en résulta des dizaines et des dizaines de bandes ou des voyous sur deux roues débarquaient dans un trou perdu pour se donner une bonne tisane avant de repartir en plus ou moins bon état. Certes, il y eut quelques audacieux pour varier un tant soit peu les plaisirs. Il y eut des motards contre des indiens ( « The savage seven ») des motards loups garous ( « Werewolves on wheels ») ou encore des motards qui se font botter les fesses par un ancien du Vietnam maître des arts martiaux (« The born losers » avec Tom Laughlin qui répétait là son rôle de métis indien justicier de « Billy Jack »)
C’est ce qui me permet de faire le lien avec le présent film qui se déroule précisément au Vietnam. Outre que le thème abordé restait encore assez neuf vu la période (1970) il était de surcroît culotté d’imaginer ce recours par l’Armée à une bande criminelle (En l’espèce, ils ne sont pas les plus méchants, presque plus hippies qu’échappé de Altamont) En cela, le film est précurseur de « Rambo », plaquant des fantasmes guerriers sur des faits historiques. A cette différence près toutefois que la fin est ‘un grand pessimisme rappelant à toutes fins utiles qu’à la guerre on se fait tuer et que le sens des conflits échappe souvent à la logique.
Pour ce qui est du film en lui-même, il a les défauts coutumiers de ces petits budgets, avec des longueurs et des maladresses qui vont avec. Cependant, « Les machines du Diables » s’offrent des extérieurs à l’étranger ainsi que quelques excellentes bonnes scènes d’action, notamment « L’assaut final » très spectaculaire. On y trouve de gueules du cinéma américain comme William Smith dans le rôle du chef de gang qui essaie une nouvelle coiffure, ou Bernie Hamilton en sous-off, futur capitaine Dobey de « Starsky et Hutch ». Qaunt au réalisateur Jack Starrett, il se fera un nom dans l’exploitation, non sans un certain talent qui perce d’ailleurs ici.
Au suivant!








« Shaft et les trafiquants d’hommes/Shaft in Africa » de John Guillermin (1973)
Le célèbre détective privé John Shaft accepte une mission spéciale visant à démanteler un réseau de travailleurs clandestins entre l’Afrique et l’Europe.
Il est étrange de voir comment certains films déjà datés font écho à notre époque. C’est le cas de « Shaft et les trafiquants d’hommes » qui traite de l’immigration clandestine, thème qui apparaissait parfois sur les écrans des années 70. Tantôt au détour d’ oeuvres populaires (« Peur sur la ville » de Henri Verneuil) ou militantes (« Bako, l’autre rive » de Jacques Champreux) la question des travailleurs illégaux apparut. Dans le cas du présent film relevant de l’exploitation ( Doté d’un budget conséquent, mais j’y reviendrais), que faut-il en attendre?
Avant de répondre, il convient de replacer l’oeuvre dans son contexte, celui de la « Blaxploitation », autrement dit cette vague de films mettant en valeur les acteurs noirs qui s’étendit de la fin des années 60 à celle de la décennie suivante. Et dont « Shaft » (Le premier du nom, le héros éponyme ayant fait l’objet de trois métrages ainsi que de quelques aventures télévisuelles.) fut le prototype. Héros hyper viril habillé à la dernière mode (Pattes d’eph’, afro et favoris de rigueur) violence, érotisme, musique Funky et commentaire politique et/ou social plus ou moins appuyé.
Troisième et ultime épisode des tribulations du privé, « Shaft et les trafiquants d’hommes » marque une évolution en regard des « Nuits rouges de Harlem » ( Titre français du premier opus) ou si le personnage assumait son rôle de justicier, il ne nourrissait guère d’illusion quant aux activistes politiques. Ici, il se découvre une conscience politique face aux conditions de vie des infortunés qui traversent les mers pour gagner une misère. Et là, il y a un problème. Les discours politiques ont-ils leur place dans le divertissement? En particulier celui relevant de l’exploitation, c’est à dire racoleur. Certes « Shaft et les trafiquants d’hommes » ne relève plus tout à fait de cette catégorie en cela qu’il bénéficie de moyens bien plus importants que ses prédécesseurs ( Voir les extérieurs en Afrique et à Paris) et offre à ce titre un spectacle de qualité, bien rythmé et bourré d’action.
Si je n’ai pas la réponse à la question, il faut bien reconnaître que le film propose une vision naive et peu subtile d’un problème très grave. Il faudrait ajouter que ce problème n’est pas particulier au cinéma d’évasion et c’st une défaut de cet art de se montrer souvent maladroit quant il touche à des sujets complexes et sensibles.
Pour finir, félicitons le réalisateur, le trop sous-estimé John Guillermin, Jacques Marin, grand second rôle français à la dégaine attachante de français moyen qui vivait là une de ses premières aventures américaines en flic de service avant de devenir le malchanceux collègue de Roy Scheider ans « Marathon man » et enfin et surtout la très sexy actrice yougoslave Neda Arneric en compagne nymphomane du méchant. « Si un homme à un gros nez et des pouces longs et épais, je sais qu’il aura un sexe qui pourra me satisfaire » Dit-elle. Dont acte. Et vous, avez vous un gros nez et des pouces longs et épais?



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Aujourd’hui: Le cinéma d’exploitation à travers le monde.
Il y a dix-huit ans de cela, le magazine « Mad movies » consacrait un numéro hors-série au cinéma d’exploitation suite à la sortie du film de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez « Grindhouse », composé de deux opus séparés par de fausses bandes-annonces. Par ce procédé, les cinéastes susmentionnés rendaient hommage au cinéma de leur adolescence. Soit, mais quid de l’exploitation proprement dite? Sous ce terme se cache ces films souvent méprisés ou ignorés par la critique. Remplis de clones de Bruce Lee, d’exécuteurs noirs, de vixens, et de louves des SS. Dans ces sombres histoires, on se battait à mort pour une poignée de soja, Linda Lovelace se faisait élire présidente et les morts vivants prenaient leur revanche (Sur qui? Sur quoi?)
Outrancières, vulgaires, souvent fauchées, ces bandes représentaient le pire de la cinématographie pour les bien-pensants. Et parfois à raison, en osant tout et n’importe quoi, elles inspiraient parfois le cinéma respectable ne lui apprenant à dépasser les bornes. Elles avaient aussi pour elle de faire rêver et de laisser dans la mémoire du public des images pleines d’une poésie involontaire. Alors, embarquons nous pour un voyage au coeur du mauvais goût pelliculé, entre action, sexe et horreur!







