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Aujourd’hui: Des flics bleus blancs rouges mais pas blanc bleu. Folie et corruption dans la police aux Etats-unis à la fin de années Reagan.
On était en 1988, les français qui ne craignaient décidément pas les douleurs anales en reprenaient pour sept ans de Tonton et Jean Paul Aron se vantait presque d’avoir le SIDA à la télévision, « Le grand bleu » inondait les écrans, Reagan finissait son mandat, à peine gêné par des histoires pas très nettes avec l’Iran et les contras du Nicaragua. Cela nous amène aux deux films dont il va être question dans cet article. Deux Séries B new yorkaises, qui brillait ici de ses derniers feux, traitaient des dérives, chacune à sa manièriy eut »Le soldat » espionnage digne de SAS.
« Blue jean cop/Shakedown street » de James Glickenhaus (1988)
Dans « Blue jean cop » , suite au meurtre d’un policier infiltré et corrompu, un flic coriace et un avocat désabusé s’unissent afin de confondre le coupable.
James Glickenhaus, le réalisateur, continuait à creuser son sillon de la violence urbaine commencé avec « Le droit de tuer », sorte de version explosée de « Un justicier dans la ville ». Entre ce dernier et le présent objet il y eut « Le soldat », film d’espionnage à l’esprit très SAS. Et nous voila donc à ce flic en blue jean qui, s’il n’apporte pas grand chose à la peinture de la corruption policière, offre des personnages assez bien vus. L’avocat joué par Peter Weller blasé et nostalgique de sa jeunesse hippie – c’était une figure courante dans les polars US d’alors, cette référence aux 60s via un ancien du Vietnam ou, comme ici, un baba cool repenti- le dur à cuire campé par Sam Elliot et le méchant à qui Antonio Fargas prête ses traits, eh oui Huggy les bons tuyaux en personne. Mais en beaucoup moins sympathique.
Mais surtout, me meilleur demeure, outre d’excellentes scènes d’action, l’ambiance de ce New York d’avant le grand nettoyage mené par Rudolph Giuliani. Sale et violente, la ville est gangrenée par la pourriture et ce dans toutes les strates de la société. Y compris la finance qui, suite au krach de 1987, n’avait pas bonne presse et les courtiers en bourse, membres de la caste des yuppies, faisaient figure de grands méchants. Glickenhaus s’y réfère dans ce film lors du passage dans la prison un timide courtier crève de trouille dans sa cellule ou il est enfermé avec un puissant co-détenu.
Sinon? On passe au suivant!


« Maniac cop » de William Lustig (1988)
Une série de meurtres endeuille New York. Apparemment sans lien entre eux, ils ont en commun d’avoir été commis par un individu en uniforme de la police. Imposteur ou dévoyé?


Après le flic en bue jean, le maniaque en tenue des archers du roi! D’ailleurs, le réalisateur aime les maniaques puisque ce fut « Maniac » qui le révéla en 1980, mais ce n’est pas le sujet. Ceci posé, le terme de maniaque, référence à la folie est inexact. Le fantastique se mêlant à l’affaire, le flic mort vivant aurait été moins commercial mais plus correct. Car c’est bien de cela qu’il s’agit d’un homme revenu d’entre les morts pour se venger non de ses meurtriers (Des co-détenus, le susnommé ayant été incarcéré pour une affaire de corruption, décidément, tout les chemins y mènent…) mais des vivants. Le « Maniac cop » s’en prend en effet à n’importe qui. Certains y ont vu récemment un présage des violences policières ayant lieu aux Etats-unis. Je passerais sur ce rapprochement entre une fiction et des actes réels ou supposés, opéré dans le but de servir une idéologie. Certes, un film est toujours – plus ou moins- ouvert aux interprétations. Cependant, il en est qui sont contestables, en particulier lorsqu’elle se teintent de politique. Mais, tout le monde y allant de sa théorie, je vais y aller de la mienne. Je ne suis pas plus bête qu’un autre. Le personnage annoncé par le titre se venge des vivants ce qui en ferait le cousin d’une autre figure, appartenant à la bande dessinée celle-là: le Juge Mort, adversaire le temps d’une histoire du Juge Dredd. Le Juge Mort tuait les vivants parce que ceux-ci contrevenaient à sa loi…la Mort. Que cette idée soit vraie ou fausse, il n’en demeure pas moins que l’aspect surnaturel du récit rend la décrépitude encore plus douloureuse puisqu’elle ne respecte même plus la mort.
Divertissement bien emballé mixant polar et fantastique avec bonheur, « Maniac cop » se paie une distribution quatre étoiles entre le singulier Robert Z’Dar interprète du rôle-titre immanquable avec sa mâchoire en banc public, Bruce Campbell, échappé de chez Sam Raimi, Laurene Landon, pin up du film d’action, Richard Roundtree (Eh oui, Shaft en personne!) Tom Atkins, régulier de chez John Carpenter et efin William Smith, immense acteur de Série B.
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Célébrons aujourd’hui Saint Alphonse Turibe!

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« Voyager c’est demander d’un coup à la distance ce que le temps ne pourrait nous donner que peu à peu. »
Paul Morand

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Aujourd’hui: « Le bourg envoûté » de B.R Bruss (1964)
Jack Deans, écrivain spécialisé dans l’épouvante se retrouve en panne d’idées. Aussi décide-t-il de s’isoler dans un bourg écossais dans l’espoir de retrouver l’inspiration. Deans ne tarde pas à se rendre compte du malaise qui frappe le habitants du lieu. Ces derniers sont en effet divisés en deux clans qui continuent à porter le poids d’un affrontement sanglant qui a opposé leurs ancêtres quelques siècles plus tôt. Peu à peu, un danger surnaturel rôde…avant d’éclater.
B.R Bruss alias Roger Blondel qui s’appelait en vérité René Bonnefoy écrivit de la littérature générale avant de se spécialiser dans la science fiction dans la collection « Anticipation » du Fleuve noir. Chez le même éditeur, il toucha également au fantastique dans la collection « Angoisse ». Ses romans de cette veine se caractérisent par une observation minutieuse d’un milieu donné ( Ici, un village écossais) qui amène la création d’une atmosphère angoissante. « Le bourg envoûté » applique cette recette et y ajoute le regard du narrateur/héros dont le regard d’écrivain évolue en même temps que la situation. Un personnage lui fait d’ailleurs remarquer au début du livre qu’à en juger par ses romans d’épouvante il ne sait rien de la peur. Mais Deans, à son grand dam, va apprendre.
En résumé, l’oeuvre d’un bon artisan qui permet de passer un bon moment.







