Aujourd’hui: Anne Marie Tensi.
Il n’existe guère d’images de Anne Marie Tensi et, pour tout dire, je ne suis même pas sûr que l’image ci-dessous la représente. Tant pis, il faut faire avec ce qu’il y a. Voila un personnage qui, déjà obscur de son vivant, aurait sombré dans l’oubli sans la revue de Christophe Bier « Cinérotica » (Prélude au « Dictionnaire du cinéma érotique et pornographique français » qu’il allait diriger plus tard) ni, plus récemment, le film de Yann Gonzalès « Le couteau dans le coeur » ou Vanessa Paradis incarnait le double sur écran du sujet du jour.
D’accord, tout cela et bel et bon mais qui était et surtout, que faisait madame Tensi? La référence à l’érotisme dans le paragraphe précédent aura sans doute mis la puce à l’oreille à certains d’entre vous. Anne Marie Tensi était une pornographe. Réalisatrice, productrice dure en affaires et spécialiste des budgets de misère, la native de Casablanca traînait une sale réputation. Et pour cause, outre sa légendaire pingrerie, cette lesbienne assumée dénigrait ses semblables masculins qui jouaient dans ses films – car la dame officiait beaucoup dans le porno gay- les « femmelettes » et les « omelettes », ce qui n’est pas très gentil. Alcoolique invétérée et langue de vipère avérée, elle se fit nombre d’ennemis. Même dans le monde du business, il y a des limites à ne pas franchir. A ce propos, si madame Tensi gagna sa vie mieux que bien à la fin des années 70, elle déchanta au début de la décennie suivante avec le changement du marché et l’arrivée massive de la vidéo. Elle mourut seule d’une septicémie en Italie en 1994 à l’âge de 51 ans. Qu’elle repose en paix. Et nous gardons un souvenir ému de ces oeuvres, gays ou hétéros, aux titres colorés: » : « Fesses en feu » « Les petites salopes » « Le tueur homo » et autres réjouissances.

















