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Célébrons aujourd’hui Saint Vincent Ferrier!

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» Vous parlez toujours de ma tête monsieur l’avocat général. Je regrette de n’en avoir plusieurs à vous offrir! »

Henri Désiré Landru
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Aujourd’hui: Frédéric Valmain, suite.
« Johnny Madame » (1976)
Le comte Anton Alexandrovitch Karakidze dont la famille a fui la révolution des sales bolcheviques (Il faut que je me calme, là, pardon!) devient aux Etats-unis une vedette des planches puis du grand écran, ce qui lui vaudra le délicat surnom de « Johnny Madame ». Parallèlement à son histoire, le livre narre les bouleversements qui ont secoué la Russie comme l’Amérique depuis l’Entre-deux guerres jusqu’à l’aube des années 50.
Comme souvent (Toujours?) chez Frédéric Valmain, « Johnny Madame » présente deux récits en un. L’un principal – la vie et les amours du comte Karakidze, le futur « Johnny Madame » et celle de son frère, compositeur torturé qui cache un secret qui sera finalement révélé lors de la conclusion du récit. Des trois livres chroniqués ici, celui-ci est le plus simple et peut-être aussi le plus émouvant. Car si Valmain prend pour sujet des personnages exceptionnels, il n’oublie jamais de rappeler que eux aussi ont des amours, des peines et des drames. La différence avec le commun des mortels tient à une question de dimension. Et de circonstances

« Les délices de l’Enfer » (1977)
« Les délices de l’Enfer » ou l’histoire de Ignazio Palestrini alias Mario Lippi, orphelin élevé par son oncle qui deviendra pilote dans l’armée de Mussolini, aventurier, trafiquant. Entre autres choses. « Les délices de l’Enfer » est également l’histoire de Judy Moore. La femme d’Ignazio.
« Santa puttana » mélangeait immoralité et romantisme, « Johnny Madame » mêlait le romanesque au quotidien…Mais les deux livres laissaient plus que sa place à la lumière. Il en va tout autrement des « Délices de l’Enfer » qui, s’il n’exclue ni la cocasserie ni le Rocambolesque propre à l’auteur, se montre nettement plus sombre. A ce propos, le titre annonce la couleur.
Ignazio, le héros, est éleva par un oncle homosexuel et qui plus est travesti qu’il appelle « Nonna » (Grand-mère » en italien, NDLR) lequel ne subit guère les foudres du régime Mussolinien, pourtant guère favorable uax amours particulières (Il bénéficie même de son aide, lors d’une sale affaire avec la Mafia). Ignazio devient membre de la Regia Aeronautica, l’Armée de l’air fasciste avant de devenir un convoyeur douteux au Moyen-Orien, dont l’essentiel de la marchandise est constituée de femmes à vendre. Lorsqu’il aura fait fortune Outre-Atlantique, il gardera quelque chose de ces moeurs du désert en enfermant sa femme dans une cage dorée. Judy Moore.
On le voit Ignazio, le « héros » – ou plutôt le pivot de l’histoire- n’est pas un modèle sur le plan moral- mais l’auteur évite l’écueil qui aurait consisté à le condamner, rappelant par là-même que si les hommes font l’histoire, l’histoire fait aussi les hommes. Ainsi, dans un autre contexte, cet homme aurait sans doute connu un autre destin. Trop cabossé par les violences de son temps, il en vient à perdre – ou tout simplement ne pas trouver de repères solides.
Par ailleurs, la structure double est ici utilisée à son maximum, donnant à suivre successivement le récit d’Ignazio puis celui de Judy qui, elle, est une américaine ordinaire (Quoique, pas tant que ça en fait! Elle semble avoir un problème de frigidité, décidément; la « chose » préoccupait Valmain, il avait raison) créant un contraste qui s’efface lors de la conclusion pour former un tout cohérent.
A lire? Absolument! Tout les trois, ah mais!







