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Aujourd’hui: De Jésus, de Pâques et des twisters….
Bientôt Pâques, autrement dit pour nous catholiques – et pour les chrétiens en général- la résurrection. Cela prend, non une importance supplémentaire, mais une tournure particulière à l’heure ou notre pays longtemps sécularisé retrouve la foi. Il suffit pour s’en convaincre la recrudescence de baptêmes à laquelle on assiste en France depuis déjà plusieurs mois. Un peu de lumière et d’espoir dans un monde rongé par la LFI, et autres termites gauchistes.
Il n’empêche que la religion, notre religion, le catholicisme n’est jamais partie. Il n’y a pas de ce « retour du refoulé » cher à papa Freud. L’époque difficile que nous traversons nous ramène à ce que nous sommes. C’est tout. C’est beaucoup, cela dit. Mais si quelque chose prouve cette présence inconsciente de la spiritualité – y compris lors de temps plus aimables- c’est la référence au Christ et à la Bible dans la culture populaire. Cela fut particulièrement vrai à la fin des années 60. L’ère des hippies à qui je ne sais plus quel évêque américain trouvait « quelque chose de bon » . Les chevelus d’alors affichaient certes un look qui pouvait prêter à confusion et Broadway non content de s’emparer d’eux (‘Laissons entrer le soleil ») alla jusqu’à faire d’une pierre deux coups en mêlant la Bible et les enfants fleurs dans le célèbre « Jésus Christ superstar » (‘Ich bin nicht ein superstar » rétorquait Klaus Kinski, mais ce n’est pas le sujet) ou encore « Godspell » (Dont la version française révéla Dave et Daniel Auteuil)
De leur côté, les anciens twisters futurs piliers de la variété française s’y mirent à leur tour en plein passage à vide (Sans parler de Jean Yanne dans son excellent « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ») Eddy Mitchell incarna le temps d’une chanson « Mon nom est Moise », quand à Johnny, il déclara « Jésus Christ est un hippie ». Assertion qui lui valut quelques soucis avec le Vatican. Cela devait lui apprendre à dire n’importe quoi et accessoirement à se fier à Philippe Labro, auteur de ce chef d’oeuvre de poésie moderne (Euh?)
C’est la fin de ce billet, que je conclurai en vous souhaitant à tous d’excellentes Pâques!





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Célébrons aujourd’hui, nous les bretons mais aussi les autres, Saint Paterne de Vannes! (Et vous les buveurs, ne pensez pas à la bière!)

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( A propos de Picasso) « Il est milliardaire, moi aussi. Il a du génie, moi aussi. Il est catalan, moi aussi. Il est communiste, moi non plus! »

Salvador Dali.
Pour l’anecdote, cette citation inspira à Serge Gainsbourg le titre de son célèbre « Je t’aime, moi non plus. »
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Aujourd’hui: « La colline aux suicidés/Suicide hill » de James Ellroy (1986)
Lloyd Hopkins, implacable policier du LAPD, est reparti pour une troisième – et ultime- aventure. Outre ses problèmes post-conjugaux et ses démêlés avec le service des affaires internes, il est sur la piste d’un trio de braqueurs qui ne sont pas eux non plus piqués des vers.
Vous le savez déjà, ce livre clôt la trilogie Lloyd Hopkins et marque dans l’oeuvre de James Ellroy la dernière étape avant le grand saut avant son cycle des fresques noires et historiques entamé par « Le dahlia noir ». Mais « La colline aux suicidés » demeure plongé dans le monde contemporain (Enfin contemporain de l »époque de la rédaction du livre, à savoir le années 80) Ceci posé, pourquoi vous demanderez-vous sans doute, ne pas avoir évoqué les deux opus précédents? Parce que celui-ci constitue le bouquet du feu d’artifices ou l’apothéose d’une série. Comme il vous plaira. Et cela en raison de ses personnages, autrement dit, les adversaires du flic angeleno (Angeleno, habitant de Los Angeles). Dans « Lune sanglante », ce dernier avait été opposé à un tueur en série poète, dans « A cause de la nuit » il faisait face à un psychiatre manipulateur. Ici, il a affaire à un trio de braqueurs composé de Duane, méthodique et brutal, et de deux frères latinos, l’aîné impulsif et à la limite de la débilité mentale qui domine son cadet intelligent mais faible.
Il arrive souvent que les héros récurrents s’effacent au bout d’un moment, c’est le cas ici, Hopkins passant quelque peu à l’as au profit des trois monte en l’air dont l’auteur prend un plaisir évident à décrire les relations et la psyché. Ellroy va jusqu’à épargner l’un d’eux avec une générosité inhabituelle. Lequel? Mais je ne vais pas vous le dire, voyons! Par ailleurs, Ellroy achève le portrait d’une époque et d’une ville – Los Angeles- commencé lors des des livres précédents. Aux bars cuirs et aux prostitués masculins de « Lune sanglante », et aux demeures bourgeoises abritant de riches désaxés de « A cause de la nuit » succèdent les agences d’escort girls et les lieux branchés ou se tiennent des fiestas animées par des déguisés qui en gangsters des années 30, qui en officiers nazis. On n’oubliera pas les personnages secondaires, le secrétaire de l’agence susmentionnée gay et masochiste, le proxénète Papa Soul le tendre (Aussi appelé « Papa Soul le gentil ») et le curé New wave à la chevelure platine.
Eh oui, un Los Angeles délirant, significatif de son temps ou tout semblait offert. A condition de savoir se l’approprier. A ce titre, la ville devient un personnage à part entière. Et Ellroy rappelle avec brio que, plus que n’importe quel genre, le polar est lié à un temps et un lieu. « …a time and place! »







