Aujourd’hui: Ninja!
Vous n’aurez pas manqué de le remarquer, j’explore depuis un certain temps les années 1980. Décennie contestable, superficielle, postmoderne, tape à l’oeil, hantée par des figures sinistres dans le genre de Nanard Moquette et l’ermite errant. Toutefois, dans ses dérives, cette époque ce à ses pouvait – je le dis à qui veut l’entendre ou plutôt le lire, se montrer fort drôle. Fut-ce à ses dépens.

Après les bananes/crêtes du Psychobilly, les perruques bouclées du Hair metal, voici les guerriers nippons masqués vêtus de noir (Qui me ressemblaient comme des frères) revus et malmenés par Hollywood- mais peu seulement. Le mal, vous allez le voir alla plus loin. Pour le pire…et pour le rire!
Au commencement étaient Menahem Golan et Yoram Globus, producteurs israéliens qui souhaitaient étendre leur activité aux Etats-unis. Pour ce faire ils rachetèrent la Cannon, firme cinématographique jusqu’alors spécialisée dans les films de Sexploitation. Mais les israéliens voyaient plus, beaucoup plus grand pour leur nouvelle acquisition, à savoir un cinéma populaire à grand spectacle. Le résultat, s’il fut en un sens spectaculaire, n’atteignit pas tout à fait le niveau escompté par le duo susmentionné, faute de moyens suffisants et malgré la présence d’authentiques stars comme Sylvester Stallone. Néanmoins, la Cannon demeure emblématique d’une époque. Les bandes qui sortirent du studio étaient pour parler familièrement aux oiseaux. Fictions sportives, néo-péplums, et bien sûr films d’action virils ou trônaient les figures du genre, en particulier Chuck Norris. Les Ninjas eurent leur part dans cette cinématographie délirante et dès les débuts de la firme. C’était en 1980…


1980…Ou l’heure des ninjas en Occident. Chuck Norris les affrontait dans « La fureur du juste », Eric Van Lustbader faisait sa fortune avec son « Ninja » en librairie. Oui, c’était l’heure de gloire de ces guerriers du Japon médiéval à la fois espions, assassins et maîtres du déguisement qui infiltraient les lignes ennemies en portant l’uniforme de l’adversaire (Préfigurant en cela la division de l’Abwher Brandebourg, mais c’est un autre sujet) et allumaient des incendies – leur spécialité. Bref ces hommes de guerre et de renseignement ne pouvaient qu’intéresser le cinéma par leur légende. Cela avait déjà été le cas au Japon ou, au sein du film d’arts martiaux local, le ninja devint un thème de prédilection au point de créer un sous-genre. Quelques oeuvres devinrent des classiques dans leur catégorie tel « Shinobi no mono » de Satsuo Yamamoto (1962) ou encore » Samurai spy » de Masahiro Shinoda (1965)Mais il s’agissait de films sérieux. Quoiqu’il en soit, Le terrain était bon . Et le mélange de flair et de culot de Golan/Globus n’ayant pas de limite, un film de ninja sembla à celui-ci une bonne affaire. Recrutant Franco Nero -qui ne connaissait rien à l’art du Ninjutsu- et Sho Kosugi -authentique artiste martial- pour donner naissance à « Enter the Ninja/L’implacable ninja »réalisé par Golan en personne. Ainsi naquit le film de ninja occidental, ou plus précisément du ninja blanc…
A suivre!













