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« Ce qui a rendu Milwaukee célèbre a fait de moi un paumé. »

Jerry Lee Lewis.
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Aujourd’hui: Ninja, suite!
Ou en étions-nous déjà? Ah oui au ninja blanc! Cette invention des studios eut son prototype avec « L’implacable ninja » cité dans la chronique précédente. Mais un prototype s’il rencontre toutefois le succès appelle forcément la fabrication en série. En principe. Regardez un contre-exemple: Johnny Clegg, le zoulou blanc – pour les blancs- et le relou blanc – pour les zoulous, n’eut heureusement pas de successeurs. Qu’il repose en pet. Mais ce n’est pas le sujet. Quoiqu’il en soit, le ninja blanc dut se faire attendre pour inonder les écrans. Suite au triomphe de « L’implacable ninja », la Cannon produisit « Revenge of the ninja/Ultime violence » (1983) de Sam Firstenberg puis « Ninja III: The domination » (1984) de Sam Firstenberg ou le ninja des titres était bien joué par un asaitique, un japonais, en l’espèce Sho Kosugi. Lequel jouait l’ennemi de Franco Nero, dans le premier opus. Parce que son personnage refusait l’idée d’un ninja blanc! Ce qui résonne avec une certaine ironie en regard de ce qui va suivre.
En 1985, forte de ces succès du shuriken et du katana, la Cannon appuya sans délicatesse sur le champignon mais avec concept désormais au point ou presque: le fameux ninja blanc. Mais plutôt qu’un Franco Nero d’âge déjà mûr (Et au demeurant bon acteur, n’en déplaise à ceux qui le trouvait aussi expressif qu’une courge) ce fut Michael Dudikoff qui incarna ce compromis entre l’Asie et l’Occident, sorte de Chippendale militaire qui s’y colla tout au long d’une série de bandes ne fatiguant pas trop les neurones mais offrant leur lots de bagarres, fusillades et explosions. » American warrior » ouvrit le bal, engendra de nombreuses séquelles, dont la première se vit intitulée en France… »Le ninja blanc », précédant le spécialiste littéraire du sujet Eric Van Lustbader de trois ans et son livre « The white ninja » paru en 1990.
J’entends les hurlements de la meute wokiste déplorant « l’appropriation culturelle ». Bien sûr que cela en est, mais c’est un des principes de la culture populaire d’emprunter, d’échanger, de transformer, d’adapter.


Du reste, cette partie de ballon entre l’Asie et l’Occident se poursuivait parallèlement à..Hong Kong! Le ninja, élément clé de l’histoire et de la culture du Japon, était récupéré par leurs rivaux et souvent ennemis chinois. Appropriation culturelle! Achtung! Chang Cheh, homme à tout faire de la Shaw brothers s’y colla avec « Five elements ninja » (1982) donnant des idées au fameux filou Godfrey Ho qui se lança dans une série consacrée aux guerriers masqués. Bon, il semble opportun de causer un peu de monsieur Ho et de dire en quoi ce filou en est un. Ancien employé de la Shaw, ce dernier se lassa d’émarger chez la firme phare de l’île sans monter en grade. Aussi décida-t-il de, nom d’un petit bonhomme, se mettre à son compte. Dépourvu de talent mais doué d’un solide sens des affaires, il décida de travailler moins pour gagner plus, ce qui s’avéra payant, donnant ainsi tort à monsieur Sarkozy. L’homme réutilisait en effet la même séquence pour huit films différents, ne reculait pas devant des collages défiant la logique et, décidément décroissant adepte du recyclage redonnait du travail au préretraité du cinéma Bis international, l’ancien monsieur Univers (Non, pas tout l’univers, hi, hi!) Richard Harrison. Celui-ci aura VRAIMENT tout fait depuis un nanar de science fiction « Wild women of Wongo » produit par le célèbre dramaturge Tennessee Williams (Avait-il de l’argent à perdre?) jusqu’aux nanars de Godfrey Ho. En passant par d’honorables péplums, western spaghettis, ou productions de la Shaw. Sa fin de carrière se révéla difficile entre monsieur Ho, les polars turcs et les rambos philippins. Je reviens aux ninjas de monsieur Ho, lesquels étaient joués par…des occidentaux! Dont le susmentionné Richard Harrison mais aussi d’obscurs inconnus, je cite: Jean Paul (Un français ici? Quel déshonneur!) Pierre Kirby (Un britannique, ouf!) et d’autres qu’il serait fastidieux d’énumérer ici. D’accord, ce blog est un inventaire, mais y’a des limites. Les titres étaient à l’avenant, de vrais poèmes d’analphabètes: « Ninja terminator », « Full metal ninja », « Golden warrior ninja » etc.
Mais le plus beau demeure les tenues desdits ninjas: les arts martiaux revus par le Paradis latin. Des ninjas jaunes, rouges, camouflés et j’en passe et des meilleures. Tout cela a hélas disparu. Rendez les nous!






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Célébrons aujourd’hui Sainte Emma de Saxe!

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» La culture est malade du « Wokisme » comme l’agriculture du glyphosate »

Brigitte Bardot





