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Célébrons aujourd’hui Sainte Catherine de Sienne!

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« La vieillesse n’empêche pas de penser à l’avenir. »
Jean Pierre Mocky

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Un clin d’oeil à la discographie de Louis Prima et Keely Smith!






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Aujourd’hui: Louis Prima et Keely Smith.
Nick Tosches le cita comme un de ses « Héros oubliés du Rock’n’Roll », ouvrage par ailleurs fort contestable (J’aurai l’occasion d’y revenir) mais qui a le mérite de remettre les pendules à l’heure. Connu à jamais pour « Just a gigolo/Ain’t got nobody », classique des danseurs de Swing, il passa pour certains pour un vieux schnock tentant de se mettre à la page au moment ou Elvis gravissait les marches de la gloire à vitesse grand V. En fait, Louis Prima fut de ceux qui préparèrent le terrain pour l’explosion des années 50. Ce fils d’immigrés italiens natif de la Nouvelle Orléans se découvrit très jeune la passion et le talent de la musique. Il apprit d’abord le violon avant de convertir à la trompette. Dès la fin des années 20, il entra dans le circuit des musiciens professionnels, pratiquant le Jazz. Il décrocha en 1936, un énorme succès – et pas des moindres- avec « Sing sing sing » que Benny Goodman s’empressa de reprendre. C’était l’époque du Swing, bande son de la vie des zazous, le milieu des années 30, période charnière qui devait faire évoluer la frange la plus dansante du Jazz vers le Jive également appelé Jump Blues. Forme primitive du Rock’n’Roll dont Louis Prima fut l’un des hérauts avec un autre Louis, Louis Jordan – Tous les deux chantèrent d’ailleurs « Caldonia » repris plus tard par Carl Perkins.
L’émergence du Rock’n’Roll dans les Fifties aurait pu avoir la peau du musicien. Il n’en fut rien avec sa partenaire à la ville comme à la scène Keely Smith, Prima forma un duo explosif, mi-musical mi-humoristique, qui devait animer les nuits de Las Vegas tout au long des années 50, et même au-delà. Il serait à ce propos injuste de passer sous silence les talents de chanteuse de Keely Smith (Que Prima remplaça au propre comme au figuré par Gia Maione, pas très gentleman tout ça, mais bon personne n’est parfait) qui n’était pas que le faire-valoir de son mari. Elle tenait le rôle de « la fille sérieuse » subissant ou raillant, c’était selon, les extravagances de Louis qui lui tenait le rôle du « sauvage ». Il faut également citer ses accompagnateurs les « Witnesses » » et du premier d’ente eux, le saxophoniste Sam Butera qui mena de son côté une très belle carrière que j’évoquerai certainement ici.
Mais la carrière de Louis Prima déclina lors de la deuxième moitié des années 60, ce qui contraignit le musicien à trouver refuge chez Disney, interprétant la chanson du roi des singes dans « Le livre de la jungle », participant aussi à « Robin de bois », ce qui ne manquait pas de sel, sachant que le bougre avait son propre label depuis les années 50 appelé…Robin Hood!
Surnommé roi des swingueurs, maître du Scat (Technique vocale consistant à jouer sur les onomatopées dont les pionniers furent notamment Duke Ellington et Cab Calloway pendant l’âge d’or du Jazz) trompettiste hors pair et doué d’une énergie peu commune jusqu’à un maudit jour de 1975, ou les médecins lui diagnostiquèrent une tumeur au cerveau. L’opération qui rata laissa Prima dans le coma jusqu’à sa mort en 1978.
A sa demande, il fut inscrit sur sa tombe ce vers tiré de ce qui fut l’un de ses triomphes « Just a gigolo » « La vie continuera sans moi ». Pensait-il que sa musique ne lui survivrait pas? Si c’est le cas, il avait tort. Outre les hommages qui lui furent rendus de manière plus ou moins directe (Par Martin Scorsese dont la bande sonore de « Casino » regorge de titres du chanteur, ou encore les versiosn de « Just a gigolo » par des artistes aussi variés que David Lee Roth ou encore Carlos, eh oui, monsieur Oasis!) il y eut le Swing revival de la fin des années 90, mené entre autres par Brian Setzer dont l’interprétation de « Jump jive and wail » est digne de l’originale et permit la redécouverte de ce monument de la musique populaire non seulement américaine mais mondiale.
« Buona sera, signorina, buona sera, it is time to say goodnight to Napoli.. »
Sur ce, comme il est trop tôt pour vous souhaiter bonne nuit, je vous souhaite une bonne journée ou nous fêtons les Louis! C’était voulu!











