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Une photo clin d’oeil à « La vie de Brian » en hommage à la Tunisie qui, comme vous le savez, servit de lieu de tournage au film des Monty Python. Mais, et ça aussi vous le savez, Carthage servit également de décor à « La guerre des étoiles », figurant la planète désertique Tatooine (Référence au bagne militaire Tataouine, sans doute, précisément situé en Tunisie) ainsi qu’à « L’avare » de Louis de Funès et Jean Girault, le Sahara étant une métaphore idéale de la solitude de Harpagon. Signalons enfin dans ce dernier cas que le tournage de l’adaptation de la pièce de Molière se déroula alors que le pays traversait une période de troubles.


Tournage de « La guerre des étoiles »


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Aujourd’hui: Edition spéciale cinéma britannique.
« La vie de Brian » de Terry Jones (Life of Brian; Royaume uni, 1979)
Né dans l’étable voisine de celle de la naissance du Christ, Brian est pris à l’âge adulte pour le Messie contre son gré. Cependant, il finit par accepter son destin jusqu’à finir crucifié…
Voila un ressort bien connu: c’est pas moi, c’est l’autre. Mais je dois devenir l’autre. L’individu plus ou moins contraint de se glisser dans la peau d’un autre qui endosse d’abord ce rôle avec réticence ou maladresse avant de l’assumer est le ressort de nombreux récits, romans ou films. Cela va du très sérieux comme « Le général della Rovere » de Vittorio de Sica ou « Kagemusha » de Akira Kurosawa au comique. Comme « La vie de Brian » guignolade fort drôle du célèbre collectif humoristique anglais: les Monty Python.
Donc, le film réalisé par Terry Jones repose sur un ressort classique avec tout les quiproquos que cela induit mais avec quelque chose en plus. Pas seulement l’humour, une profondeur dont seuls les grands humoristes sont capables. Car au-delà de l’histoire de ce malheureux confondu avec le Messie, il y a d’autres enjeux que peu ont vu et qui n’ont rien à voir avec une quelconque satire religieuse. Il y a un aspect politique incarné par les hébreux indépendantistes qui se réjouissent de la crucifixion de Brian, laquelle leur offre le martyr indispensable à leur cause. Il faut ajouter que, prévoyants, les chefs de ce conseil songent déjà à garder les apports de romains après le départ de ceux-ci. Dont la viticulture. Pas fous les gars.
Cela n’est pas sans rappeler l’attitude de certains de nos anciens colonisés.
Le film se montre même précurseur, prédisant les délires genrés de notre temps lors de la scène ou un hébreux incarné par Eric Idle déclare qu’il est une femme et demande à ses pairs de l’appeler Johanna.
Pour ce qui est de l’éventuelle dimension spirituelle du film, il est bien difficile de se montrer affirmatif. Mais à bien juger, il n’y a pas de blasphème ici. Soit, le film suscita un léger scandale, notamment à cause de sa proximité avec le « Jésus de Nazareth » de Franco Zeffirelli qui ne le précédait que de deux ans. Mais en fait, si satire il y a, elle porte davantage sur les épopées bibliques. Du reste, Terry Gilliam enterra pour de bon cette accusation en révélant lors d’un entretien donné beaucoup plus tard que, comme pour la légende Arthurienne, jamais lui et ses collègues des Monty Python ne se seraient permis de s’attaquer à la Bible s’ils n’avaient eu d’intérêt et de respect pour le sujet. D’ailleurs, les thèmes de la résurrection, de la quête et de la rédemption sont fréquents dans l’oeuvre du cinéaste, par ailleurs seul américain du groupe.
Pour l’anecdote, le film put être terminé grâce à l’ancien Beatle George Harrison qui accepta d’apporter les fonds nécessaires à l’entreprise à la demande de Eric Idle -je crois- qui le remercia par un: « George, tu achètes le ticket de cinéma le plus cher du monde! » Cet heureux incident fut à l’origine de la création de la société de production Handmade films qui sauva le cinéma anglais dans les années 80 en permettant la réalisation de futurs classiques tel « Du sang sur la Tamise », « Too much » ou encore « Mona Lisa » (Récemment chroniqué dans ces colonnes)
Pour l’anecdote encore, signalons le lieu du tournage, la Tunisie alors fort à la mode puisque s’y déroulèrent ceux de « La guerre des étoiles » ainsi que celui de… »L’avare » de Louis de Funès!





En guise de conclusion de ce mini-dossier, voici deux films bien différents, avec leur originalité, leur insolence, parfois leurs défauts mais qui témoignaient de la vivacité du cinéma insulaire.
A bientôt!
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Aujourd’hui: Edition spéciale cinéma britannique.
Cette édition spéciale cinéma britannique aurait pu s’intituler spéciale 1979 puisque les deux films présentés ici ont en commun de dater de 1979 et d’être de nationalité britannique. Bon, j’arrête de parler pour ne rien dire et passons aux choses sérieuses. « Quadrophenia », évocation de la jeunesse insulaire des années 60 et « La vie de Brian », satire biblique (C’est en fait plus compliqué que ça, mais j’y viendrais forcément) deux films aussi différents que possibles. Certes. Mais c’est voulu, et vous allez comprendre pourquoi!

« Quadrophenia » de Franc Roddam (Royaume uni, 1979)
Jimmy, jeune mod vit une dérive auto-destructrice pendant un week-end qui le mènera de Londres à Brighton et de déboires en désillusions.
Tout y est. Les scooters, les amphets et les costards trois boutons. Les faits d’armes entre Mods et Rockers sur les plages de Brighton. Une manière de débarquement. Les all-nighters sur fond de Soul et les hymnes des Kinks et, bien sûr des Who. Oui, tout est là, toute la sémiologie des Mods à la fois célébrée et éraflée par l’album éponyme du groupe de Pete Townshend à la base du film de Franc Roddam. Mais ce n’est qu’un écrin pour conter l’histoire de Jimmy, mod passionné autant que caricatural (En cela assez conforme à ce qu’étaient les adeptes du mouvement à l’époque ou se déroule le film. Des paumés en quête d’aux-mêmes, loin des modernistes du début, esthètes fous de Jazz et d’élégance italienne) Obsédé par l’apparence, poussant la superficialité du mode de vie à l’extrême, jusqu’à ne plus voir l’existence que comme un all nighter éternel. Ou Dionysos à l’heure de la Pop culture.
Suivant cette voie, Jimmy perd à vouloir tout gagner, travail, amour, scooter même. Ce qui n’est rien comparé à la triste réalité qu’il découvre une fois arrivé à sa Mecque. Ace the face, chef mythique des bandes Mods se révèle n’être qu’un groom. Un larbin. Ce qui suscite la colère ultime de Jimmy qui volera le scooter de son ancien Dieu pour…le projeter depuis les falaises de Brighton. Sans qu’on sache s’il se suicide ou non. Car n’en déplaise à certains critiques, le film se différencie du disque en cela que sa fin est moins nette. Là ou l’album tuait son héros dans le climax « Doctor Jimmy », le film est plus ambigu en ne montrant que l’épave du scooter. Ce qui laisse libre cours à l’interprétation. Le héros s’est-il suicidé, refusant par là de survivre à l’adolescence? Ou alors s’est-il contenté de détruire le scooter en un geste symbolique- façon de montrer qu’il se décidait à grandir?
Chacun est évidemment libre d’y voir ce qu’il veut. Mais ici, on touche au problème du récit: le manque de clarté. Lequel est du à la confusion de son personnage principal. Jimmy ne semble pas en effet savoir ce qu’il veut. Il est en cela une figure familière dans les chansons des Who et donc de leur leader Pete Townhend. Quelle figure? Celle, comme l’écrivait Nik Cohn, de l’ado un paumé, un peu bêta, un peu agressif. On le rencontre dans « Substitute » ou « I’m a boy » et Jimmy appartient à cette lignée, se distinguant des autres par son jusqu’au-boutisme dans ce qu’il faut bien appeler la bêtise. S’il est compréhensible de reculer devant la vie adulte et ses contraintes – voir à ce sujet la scène ou il agresse verbalement son patron- il n’est d’un autre côté pas sain de se complaire dans une adolescence éternelle. C’est ce qui travaille Jimmy et c’est la seule raison qui puisse expliquer sa révolte dont l’origine semble par ailleurs obscure. Pour en revenir à sa dispute avec son patron, elle est à ce titre représentative ce caractère peu logique car l’attitude du boss n’a rien d’odieux.
Ceci posé, « Quadrophenia » n’est pas qu’une étude de caractère, c’est également l’évocation d’une époque et s’inscrit en cela dans la riche lignée des films sortis lors des années 70 exploitant le filon de la nostalgie des années 50/60, il est d’ailleurs sorti en France au même moment que « Les seigneurs » de Philip Kaufman, autre peinture des années 60 débutantes mais du côté américain. Sans chercher à comparer les deux, il est intéressant de constater ce qui les distingue Le film de Kaufman était une comédie dramatique sur le passage à l’âge adulte dans un contexte social (Le prolétariat du Bronx) et politique (La mort de Kennedy et le début de la guerre du Vietnam) Celui de Roddam l’étude d’un cas particulier certes situé dans un contexte historique déterminé mais limité à la culture Pop, en l’espèce l’affrontement entre deux groupes de jeunes. Aux allures de guerre et c’est l’une des différences majeures entre les deux opus. De nature nationale. La chose militaire ne concernait plus les jeunes anglais alors que leurs homologues américains pouvaient se retrouver à crapahuter dans les rizières.
Après tout, peut-être que ce qui manquait à Jimmy, c’était une bonne guerre..
A suivre…




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Célébrons aujourd’hui Saint Germain de Paris!






