Célébrons aujourd’hui Saint François Caracciolo!

Célébrons aujourd’hui Saint François Caracciolo!

Allez pour conclure avec le communisme, cette photo d’un jeune Robert Hue qui se produisait sous le nom de Willy Balton avec son groupe les Rapaces. Hélas, je n’ai pu trouver d’images avec Bernard Ménez. On ne saurait tout avoir…

Robert Hue est au centre….pour une fois!
Aujourd’hui: Les cocos à Moscou?
Deuxième chapitre: « Une femme en péril » de Peter Yates (« The house on Carroll Street » Etats-unis, 1988)
New York, début des années 50, Emily, journaliste, perd son emploi pour avoir refusé de donner des noms à la commission d’enquête sur les activités anti-américaines (HUAC). Contrainte de devenir lectrice chez une dame âgée, elle se rend compte que la maison de cette dernière (La maison sur Carroll Street du titre original) sert de relais à des inconnus aux motivations forcément obscures. Inquiétée par ces intrusions, Emily prévient Cochran, l’agent du FBI chargé de la surveiller. D’abord incrédule, le policier accepte de la suivre. Le duo va alors être amené à découvrir une sombre vérité…
Accueilli à l’époque avec indifférence « Une femme en péril » ne manquait pourtant pas d’attraits. Script bien mené, excellents acteurs, mise en scène élégante et reconstitution soignée. Et surtout, un thème qui demeurait prisé par les amateurs de polars: Le Maccarthysme, traité par ailleurs en littérature par James Ellroy dans « Le grand nulle part » publié un an après la sortie du film de Peter Yates. Il est vrai que si ce sujet a beau appartenir aux « marronniers » du cinéma américain – Il y eut nettement plus tard « Good night and good luck » de George Clooney, il faut croire que cela devait fatiguer. Quoiqu’il en soit, tout en n’étant pas un chef d’oeuvre « Une femme en péril » a pour mérite de lever le voile sur un aspect mal connu de cette période ou l’anticommunisme avait été en quelque sorte étatisé par le gouvernement américain: à savoir les relents fascistes des commissions d’enquête et en parallèle le sauvetage de nazis survivants. C’est un point intéressant en cela qu’avant le fièvre anti-rouge qui s’empara des Etats-unis, c’était le Nazisme qui effrayait le plus le public américain. « Une femme en péril » fait une sorte de synthèse entre la réalité d’une psychose d’état et l’exagération quant au blanchiment de criminels de guerre et le lien éventuel (Et ce bien que cela ne soit pas exprimé clairement ici) entre ces deux situations.
Et c’est là qu’il faut en venir au défaut principal du film: une approche trop superficielle de son sujet. De ce fait, « Une femme en péril » n’est qu’un bon film là ou il aurait pu être excellent. Avec un peu d’application. Un tel manquement déçoit un peu de la part de Peter Yates à la source de « Bullit » ou de « L’oeil du témoin ». Reste un film très agréable et qui mérite en dépit de ses faiblesses une redécouverte.








En guise de conclusion: deux films traitant de la même période sous des angles totalement différents, mais qui font chacun ressortir les contradictions douloureuses d’une époque qui sortait de l’horreur de la guerre et en subissait les répliques, entre réminiscences du Nazisme et oppression bolchevique déguisée en sauveteur de l’humanité.
Aujourd’hui: Les cocos à Moscou?
Le communisme…depuis Soljenytsine et Rambo, il s’était écroulé avant le mur de Berlin et le lynchage des Ceaucescu. Comme si cela n’avait suffi, Robert Hue (Qui? Mais si vous savez!) acheva de le terminer mieux que ne l’avait fait « Le livre noir du communisme » et Stéphane Courtois. Certes, il demeure aujourd’hui des adeptes massés chez Mélenchon et dans les facs de sociaux. Mais pour ces derniers, le communisme n’évoque pas grand chose, ce public étant plus sensible à l’écriture inclusive et à l’inclusivité qu’au marxisme-Léninisme que bien souvent il ignore.
Mais si le communisme est un vestige du passé, il fut dans le passé une force politique qui dominait la moitié de l’Europe, infectait l’Asie, l’Amérique latine et même (Et surtout?) la grande ceinture de Paris. Il soulevait autant de terreur que d’enthousiasme, attirant les ouvriers, les artistes et les intellectuels, et terrifiant les tenants de l’ordre établi. Si en France, certains se vautraient dans les joies staliniennes, l’Amérique quant à elle organisait la chasse aux sorcières, et se livrait à une inquisition télévisuelle ou le bannissement tenait lieu de bûcher.
Les deux films dont il va être question ici évoquent chacun à leur manière les diverses attitudes suscitées par l’idéologie collectiviste de chaque côté de l’Atlantique. L’un français « Rouge baiser » de Véra Belmont, l’autre américain « Une femme en péril » de Peter Yates.
C’est parti!
« Rouge baiser » de Véra Belmont (France, 1985)
Le parcours de Nadia jeune communiste passionnée entre premières amours et désillusions brutales.
« Rouge baiser » se situe à la croisée des genres: peinture sociale, histoire d’amour, histoire tout court et – pour une fois je me permet un anglicisme- « Coming of age ». Pour faire court, à travers les heurs et malheurs de cette jeune fille, le film narre les doutes que commence à susciter l’idéal socialiste. La chose se ressent avec d’autant plus d’acuité que la réalisatrice Véra Belmont a mit beaucoup d’elle-même dans ce récit évidemment autobiographique. (Belmont avoua d’ailleurs qu’à l’âge de son héroine, elle écrivait chaque jour à Staline.) Il y a donc beaucoup d’authenticité dans la description de cette famille d’immigrés d’Europe de l’est qui plus est de confession juive mais qui a remplacé le Talmud par le Capital et est coincée entre les relents de la guerre encore proche (Le film se situe en 1952), la crainte d’un retour de l’antisémitisme et les exactions contre les juifs commises par le régime soviétique. Celui-là même que soutiennent Nadia et les siens. Et qui jusqu’à la conclusion de l’histoire ignorent tout de ces horreurs, tellement confits qu’ils sont dans l’admiration de l’Armée rouge, bien entendu libératrice des camps de la mort. Et donc incapables de se mettre au niveau de la bête immonde, n’est-ce pas?
Mais avant cette révélation finale, il y a l’amour que Nadia porte à Stéphane, jeune et séduisant photographe travaillant à « Paris-Match » qui lui fait découvrir autre chose que son univers par trop balisé par l’idéal et, surtout, l’idéologie. (Même si Nadia est par ailleurs passionnée de poésie et va jusqu’à savourer les horreurs de la dépravation capitaliste des films de Rita Hayworth) Ensuite, il y a le ver dans le fruit. Les « camarades » qui déçoivent, ou se montrent carrément odieux en agissant en Fouquier-Tinville aux petits pieds.
Et tout cela avec en toile de fond les affrontements entre les jeunesses communistes et leurs adversaires, l’URSS était loin de faire rêver tout le monde. Le slogan qui donne son titre à cet article était alors vraiment brandi lors de manifestations.( La reconstitution est à ce propos fort convaincante.)
Et on suit ce travail de sape qui s’acharne contre l’idéal de Nadia pour parvenir au climax, le retour de l’oncle, peut-être vrai père de l’adolescente, fraîchement sorti du Goulag. Un travail de sape douloureux pour Nadia mais qui lui permet de grandir. La liberté est parfois à ce prix.
Un très beau film qui dénonce les ravages d’idées mortifères et les désillusions qu’elle a suscitées. Mais aussi la preuve qu’il est possible d’en sortir, quitte à y laisser des plumes.
Au suivant!






Il fit voter les morts et permit les pistes cyclables, il avait les dents du bonheur, mais ça vie c’était que du malheur. Il était gentil Beri. Adieu, Jean Tiberi, les parisiens auraient du vous garder, et là je ne plaisante pas!
