Jacques Leitienne est un agent du renseignement civil parachuté ua moment de « Poucet à Barbès », son service étant persuadé du carctère politique de l’affaire en raison du contexte ( l’histoire se situe en pleine guerre d’Algérie) et de la qualité d’ancien « porteur de valises » du gendarme dévoyé Francis Jammes. C’est en fait faux. Mais Leitienne demeure persuadé du contraire presque jusqu’à la fin du récit. Naif, idéaliste sans être sot, adepte du style « Héroico-zazou » ( voir image ci-dessus) formé en Indochine par le mythique Bazin, chef du renseignement civil à Saigon mort tragiquement assassiné par les rouges.
De témoin dans l’affaire « Vicky Lynn », Geneviève Lipsky devient la maîtresse de Robert Lin. Pourtant tout oppose ces deux êtres, si on excepte leur passé, Geneviève est une ancienne déportée, Robert, un ancien résistant. Ceci mis à part, on a d’un côté une libertaire bisexuelle assumée et de l’autre un policier attaché à l’ordre (forcément comme aurait dit la mère Duras) et sorucilleux quant aux moeurs.
Cependant, ils s’aiment.
Un personnage intéressant, qui fera peut-être une nouvelle apparition, qui sait?
Pour l’illustration, une photo d’Emmanuelle Riva dans « Kapo » (1960) de Gilo Pontecorvo.
La Belle-époque, période suscita une grande nostalgie dans les années 50 et ce des deux côtés de la Manche (Voir le phénomène des Teddy boys et du mouvement Edwardien sur lesquels je reviendrais) En France, le cinéma rendit hommage d’une manière fantasmée à travers plusieurs films en particulier le mythique « Casque d’or » de Jacques Becker avec bien sûr Simone Signoret.
Le personnage de Rosette, travesti émérite de « Vicky Lynn », participe de ce retour vers le passé au beau milieu des années 50 ( comme quoi, toutes les époques ont leur nostalgie) en s’affublant d’un faux chignon de pierreuse ( les pierreuses appelées ainsi parce qu’elles faisaient la retape adossées à des murs de pierre le long des fortifs) que…la vraie « Casque d’or » ne portait pas! Casque d’or qui s’appelait en réalité Amélie Elie!
Pour rester dans le monde interlope et nocturne, le monde de Vicky Lynn se réfère également via l’enquête de Robert Lin aux lieux de rencontres destinés à ceux qu’on n’appelle pas encore les LGBT (je renonce à écrire la suite)
Voir cette photo prise dans un bar lesbien des années 50.
Et histoire de faire un détour par Simone Renant interprète de Dora Monier la photographe saphique de « Quai des Orfèvres » (1947) de Henri Georges Clouzot.
On n’oubliera pas non plus les thés dansants, avec les inévitables marins…
Le docteur Laksonen est le chirurgien qui opère Vicky Lynn, norvégien résistant, médecin génial spécialiste des greffes, accablé par la culpabilité pour avoir tué des innocents dont le seul tort était de porter le même nom que des traîtres et des tortionnaires, il se rachète en soignant les indigents, les victimes et les déshérités français. Pourquoi français? Pur s’éloigner de sa terre natale ou la honte le torture par trop.
Son nom, il le tient du célèbre dessinateur de moustachus et moustachu lui-même, Toukoku Laksonen, plus connu sous le nom de Tom of Finland.
Madame Jammes, fille d’émigrés russes, droguée notoire et épouse du gendarme renégat Francis Jammes. Faut-il en dire plus? Ah, si! Inspirée par le personnage joué par Lila Kedrova dans « Razzia sur la chnouf »