Aujourd’hui: « La mort est mon métier » de Robert Merle ( 1952)

Le parcours de Franz Lang, d’ancien combattant de 14-18 à commandant d’Auschwitz.
L’heure étant aux commémorations de la libération des camps en 1945, il m’a semblé opportun de traiter du sujet via le roman de Robert Merle « La mort est mon métier » . Biographie à peine déguisée du commandant d’Auschwitz, Rudolf Hoss, le livre propose une analyse du comportement des officiers chargés de la sinistre besogne que leur confiait leur chef Himmler. Une chose ressort de cette lecture, c’est la « banalité du mal » évoquée par Hanna Arendt. Hoss, terne personnage arrimé aux idées d’obéissance et de loyauté n’a pas l’impression de mal agir mais d’accomplir son devoir. « Befel ist befel », « Un ordre est un ordre », fut sa défense lors de son procès – ce fut d’ailleurs celle de nombre de ses pairs- et à aucun moment il ne semble se rendre compte de l’horreur de ces fameux ordres qui lui sont donnés. Ni sadique, ni même fanatique, mais simplement habité par le culte de la discipline, Hoss pose un problème d’autant plus terrible qu’il n’a n’a RIEN d’un malade. Il n’éprouve de doute que lorsque sa femme découvre la nature de ses activités et de blessure qu’à l’annonce de la mort de Himmler dont il considère le suicide comme une lâcheté et une trahison de la devise des SS « Mon honneur s’appelle fidélité’
» La mort est mon métier » a pour mérite principal d’avoir été écrit à une époque de reconstruction ou l’Holocauste était un sujet à éviter. Ceci posé, il lui manque la force de « Kaputt » de Malaparte. Plus qu’une oeuvre littéraire, il s’agit d’un témoignage pour l’histoire, sobre et précis et dont, encore une fois, la première qualité est de compter parmi les premiers ouvrages sur le drame du XXème siècle. Pour cela, il est indispensable, en particulier en ces temps ou l’antisémitisme revient en force et, le pire, sans mauvaise conscience aucune.
























