Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers-Style

Aujourd’hui: Gloire aux fausses blondes!

« Qu’est-ce qui fait tourner le monde? Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes? » Dixit Sylvie Vartan.

J’avoue ne pas le savoir. Je sais en revanche la fascination qu’exercent la blondeur chez les hommes. Qu’elle soit vraie ou fausse, d’ailleurs. Mais il y a le charme de la fausse blonde. Et comment ne pas résister à ce mystère si profond à la cause pourtant si simple? Un doigt de chimie et aux mâles dont je suis de se demander si c’est une vraie, si le couvre-lit va avec la descente. C’est comme le disait un refrain désormais oublié « Je ne suis pas curieux mais j’aimerais bien savoir pourquoi les femmes blondes ont les poils du chose noir! »

Et cette question se pose en effet. Qui en pose une autre qui semblait agiter nos amis Outre-Atlantique dans les années 50: « Do blondes have more fun? » Chacun eut évidemment sa réponse, mais il est intéressant de constater que tout en demeurant un symbole fort, la blondeur s’est chargée de sens bien différents suivant les époques. Dans ce cas précis, c’était à cause de la guerre dont le souvenir restait proche. La guerre due à un obsédé de la blondeur remarquablement brun, décernant avec ses affidés des brevet de force et de pureté suivant la clarté du poil. On se serait cru aux Jeux Olympiques. Médaille d’or pour la platine.

Mais quelques années et plusieurs millions de mort plus tard, la blondeur ne sortit pas du jeu, resta un symbole fort mais désormais pacifique. La blondeur était un symbole de santé et bien sûr de séduction. Au point que tout le monde aspirait à entrer dans ce cercle enchanté des déesses nordiques. Quitte à forcer un peu la nature. Les italiens en la matière avaient de l’avance, allant jusqu’à inventer la moumoute de foufoune- pardon, la prothèse pubienne- à l’usage des soldats américains (Surtout noirs) en goguette à Naples. Pour le coup, le couvre-lit allait avec la descente! Voir à ce sujet le film de Liliana Cavani « La peau » (« La pelle », Italie 1981) et surtout lire le roman homonyme de Cuzio Malaparte. Sans aller jusque dans ces extrêmes, l’Amérique compta cependant une singulière hausse des blondes au sein de sa population, apparemment pas découragée par le destin tragique de Jean Harlow intoxiquée par l’eau oxygénée qui la décolorait. La plus célèbre de ces adeptes fut évidemment Norma Jean Baker alias Marilyn Monroe, dont le changement capillaire accompagna le changement de nom. L’intéressée en concevait sans doute de l’amertume ainsi que le laisserait entendre cette phrase qu’elle adressait à son Renato personnel: « Fais moi Marilyn! » A l’évidence, elle distinguait son image de sa personne.

Puis, tel les guerriers de Clovis après la conversion de leur chef à la foi chrétienne, cinq cent guerrières suivirent son exemple. Quelques unes devinrent effectivement célèbres. Carroll Baker, Jayne Mansfield, Mamie Van Doren, formèrent le groupe principal de ce bataillon de pin ups, mais il ne sera pas question de ces dames au demeurant respectables mais déjà largement commentées. Ici, il s’agira du groupe périphérique. Des célébrités de deuxième voire de troisième classe, voire en dessous. Depuis la fin de l’âge d’or de Hollywood auquel appartenait Marilyn jusqu’aux années 90. A travers les destins parfois surprenants de ces femmes, il sera question d’une évolution des représentations féminines lors de la deuxième moitié du XXème siècle. Il est temps de commencer, sous le patronage de Liz Renay!

Premier chapitre: Liz Renay.

Liz Renay? de son vrai nom Pearl Elizabeth Dobbins prit très tôt la tangente du domicile familial avant de gagner un concours de sosie de Marilyn Monroe. Elle fut d’abord et avant tout une danseuse burlesque et une personnalité qui connaissait tout le monde, y compris des gangsters et fut même intime avec l’un d’eux. Et pas des moindres, Mickey Cohen, parrain de Los Angeles. Elle fut accessoirement une actrice occasionnelle dans d’obscurs films d’exploitation. ses apparitions les plus notables furent celle dont elle gratifia la version Blaxploitation de Frankenstein « Blackenstein » et surtout l’un des opus trash de John Waters « Desperate living » ou elle incarnait la moitié féminine d’un couple lesbien. L’âge venant, elle se mua en conteuse de sa propre légende au travers de livres aux titres évocateurs (« My first 2000 men) puis se reconvertit en artiste peintre. Non sans talent. Elle est pour l’éternité une icône kitsch, définitivement consacrée par sa participation à l’oeuvre de Waters.

« Desperate living »

Avec Mickey Cohen, boss criminel de Los Angeles.

« Blackenstein »


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