Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers-Le cinéma français

Aujourd’hui: « Des femmes disparaissent » de Edouard Molinaro (1959)

Pierre et Béatrice s’aiment mais Pierre est un prolétaire et Béatrice est attirée par tout ce qui brille. Aussi se laisse-t-elle entraînée par une certaine Coraline dans une soirée soit-disant fréquentée par des hommes de la meilleure société susceptibles d’offrir un tremplin aux jeunes femmes ambitieuses. Cela n’est en fait qu’une mascarade couvrant un réseau de prostitution. Tandis que Béatrice tombe dans le filet des proxénètes, Pierre se met à sa recherche.

François Truffaut disait que l’Amérique était le seul pays à pouvoir produire des films de qualité sans ambitions. Une fois de plus, il proférait une ânerie. Il existait avant l’avènement de la Nouvelle vague (Laquelle apporta par ailleurs beaucoup en bien et en mal, mais c’est un autre débat) un cinéma de pur divertissement qui, s’il ne brillait ni par l’originalité ni par l’ambition, remplissait le contrat tacite avec le public. C’est le cas de « Des femmes disparaissent » qui use d’un thème déjà éculé à l’époque – la prostitution et les pièges tendues aux oies blanches- mais se laisse voir sans ennui grâce au professionnalisme de l’équipe. Le réalisateur, Molinaro qui annonce les grandes choses qu’il accomplirait plus tard, Simonin dont les dialogues n’égalent pas Audiard mais contiennent quelques fulgurances appréciables, Hossein dont la présence n’est déjà plus à démontrer, le charme des actrices Magali Nel et Estella Blain, et surtout les seconds couteaux, Jacques Dacqmine en chef de gang racé et inquiétant, Philippe Clay et son physique de squelette vivant en tueur à gages décontracté et cruel, et enfin dans un rôle bref mais intense Jacques Seiler, eh oui le futur sergent des » Bidasses en folie »On peut ajoutr l’excellent auquel participa une certaine Nina Companeez, qui faisait ici ses premières armes avant de connaître la gloire grâce à ses sagas télévisuelles, parmi lesquelles et pour citer les meilleures « Un pique nique chez Osiris », « Voici venir l’orage » et son excellente adaptation de « A la recherche du temps perdu » Enfin, avant de conclure, ce film est une brillante illustration su Système D, voir à ce propos l’usage qui est fait de la scie circulaire et du chewing gum!


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