Aujourd’hui: « Pas de bavards à la muette » de Léo Malet (1956)
Nestor Burma est chargé par Madame Ailot, une bourgeoise retapée de récupérer contre monnaie sonnante et trébuchante les bijoux que lui a volé Benech, son chauffeur. Ce dernier refuse l’arrangement. Le fait qu’il ait emporté avec lui Suzanne,la nièce de la mère Ailot, n’est sans doute pas étranger à cet entêtement. Bientôt, Benech est retrouvé refroidi auprès d’une Suzanne inconsciente. Cette dernière est très vite accusée par la police qui voit en la jeune femme la coupable idéale. La découverte par Nestor d’un faux parmi les bijoux volés convainc le détective de pousser l’enquête plus loin…
Une des principales variations dans les Burma se situe dans le ton utilisé par l’auteur. Ainsi, suivant les volumes, la tonalité est tantôt mélancolique, humoristique, agressive, satirique – autant d’éléments qui sont présents dans chacun des romans mais dont le dosage varie. Ici, il est amer. Il émane de ce récit situé rue Ranelagh dans le XVIème arrondissement – réputé le plus chic de la capitale et lieu de naissance de votre serviteur- une grande tristesse à travers le personnage de Suzanne, innocente persécutée par sa sorcière de tante. Ah cette Madame Ailot, une des »méchantes » les plus fausses de la saga Burma, fausse victime, fausse beauté, fausse parente n’hésitant pas à sacrifier une des siens au nom de ses intérêts.
Un Burma discret au sein de la série et pourtant remarquable en un sens.

