Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Les légendes du Rock’n’Roll.

Aujourd’hui: Rock’n’Soul?

Il existe des genres cousins et pourtant à priori inconciliables. Et pourtant ils se rencontrent parfois. Paradoxe du paradoxe. Ou peut-être pas tant que cela. Il en va ainsi du Rock’n’Roll et de la Soul. Les amateurs de l’un détestent l’autre et inversement. C’était du moins le cas en Angleterre lors des luttes entre les rockers gardiens du temple Rock’n’Roll et les mods adeptes de la Soul. Cela n’empêchait pas de l’autre côté de l’Atlantique que ceux qu’on appelait dans les années 60 les « Pionniers » versaient dans la Soul. Little Richard enregistrait pour Okeh « The explosive Little Richard », Larry Williams formait un duo Northern Soul avec Johnny Guitar Watson sans renier ses anciens titres quant il se produisait à Londres. Mais c’était dans l’ordre des choses. Les artistes susmentionnés venaient du Rhythm and Blues, musique noire qui évolua pour donner naissance au Rock’n’Roll puis à la Soul.

Bien sûr. Mais Charlie Rich avec « The many sides of… » ou encore le Killer avec le bien nommé « Soul my way » voire le King dont l’album du grand retour « From Elvis in Memphis » contenait des titres proches du genre, comme « Long black limousine ». Il faut ajouter à cela son passage chez Stax en 1973. Et cela n’avait rien de surprenant. Tous ces musiciens étaient originaires des états du sud, écoutaient les mêmes musiques Blues ou Country qu’ils adaptèrent chacun à leur manière. Il n’y avait vraiment rien de surprenant à les voir passer d’un genre à l’autre, Soul, County, Gospel ou Blues, autant de chemins qui ne menaient peut-être pas à Rome mais partaient d’un point unique. Qu’on aime ou pas est affaire de goût. Mais cette vérité est indiscutable.

Du côté de chez nous, les survivants de l’ère du Twist Johnny, Eddy ou Dick pratiquèrent la Soul, alternant reprises de succès américains (« Hard to handle » de Otis Redding devenu « Otis » par Eddy Mitchell, « Uptight » de Stevie Wonder devenu « Les coups » pour Johnny Hallyday) ou compositions originales (L’excellent « Jericho » de Dick Rivers) Pourquoi cet engouement? Laissons à Dick Rivers le soin de répondre « Parce que c’était le seul genre musical que je comprenais à l’époque. » Pour être exprimée par le seul niçois, la raison devait être la même pour les autres ténors du Rock français.

Pour finir, voici le crossover entre Soul Rock’n’Roll qui s’adoona aux deux avec un égal bonheur, le roi de la Pompadour argentée: Wayne Cochran!


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