Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers-Documents

Nouvelle rubrique en complément de « Littérature », traitant de documents.

Aujourd’hui: « Himmler » de Peter Padfield (1991)

Au milieu de l’abondante – et parfois de grande qualité- documentation consacrée au Nazisme, l’ouvrage de l’historien britannique (Par ailleurs plutôt orienté vers le domaine naval) Peter Padfield s’avère excellent. Publié en 1991, il n’était déjà pas le premier à se pencher sur le Reichsfuhrer SS mais apporte, et c’est méritoire, quelques éclairages nouveaux sur cette figure majeure du IIIème Reich. Le texte est dense et précis mais il n’exclut ni une réflexion originale ni l’humour!

Padfield a pris pour biais la psychologie de l’homme derrière le personnage historique et ce sans psychologisme. Natif de Bavière dans une famille profondément catholique, il remplaça en somme la foi chrétienne par la foi en une autre religion – fausse, celle-là- le National socialisme. Sa vie commença vraiment en 1918 suite à une déception de jeune soldat mobilisé pour rien puisque son régiment ne fut pas appelé pour cause d’armistice. Il suivit ensuite un parcours d’étudiant banal membre d’innombrables sociétés patriotiques ou non, courant le guilledou et crachant sur la bouteille. Un parcours qui serait resté banal si le jeune homme n’avait croisé le chemin de ces messieurs Hitler et Rohm. Le gros capitaine fut d’ailleurs, plus que Hitler, le mentor du bavarois, ce qui n’empêcha pas ce dernier de la trahir bellement plus tard.

Organisateur forcené, fasciné par toutes les mystiques allant de l’Islam au Catharisme, gardant un fond de Christianisme tant il voulait calquer l’organisation de la SS sur celle des Jésuites. Cela ne compensait pas sa frustration guerrière et ses complexes physiques qu’il tâcha de surmonter en suivant un entraînement olympique mené par son ami Karl Wolf (Oui le HSSPF pur l’Italie!) Cela devait être joli, le fidèle Heinrich sur le cheval d’arçon! Notons tout de même que le garçon était un excellent motard. Par ailleurs, le livre corrige une inexactitude quant à son évanouissement alors qu’il assistait à des exécutions sur le front de l’est. Il ne s’était pas évanoui, il avait simplement glissé.

Bon, je redeviens sérieux. Outre son intér^t purement documentaire, le travail de Peter Padfield rappelle une vérité bien connue mais essentielle: si les hommes font l’histoire, l’histoire fait aussi les hommes. Sinon, comment un individu aussi insignifiant que Himmler serait-il devenu un des dirigeants les plus redoutés de la IIème guerre mondiale?

A lire!


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