Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Le cinéma américain

Aujourd’hui: » Premiers pas dans la Mafia/The freshman. » de Andrew Bergman ( Etats-unis, 1990)

Fraîchement (Je l’ai fait exprès, eut égard au titre original du film) débarqué à New York, l’étudiant en cinéma Clark Kellog se voit arnaqué par un faux chauffeur de taxi. . Cet événement malheureux va le mener jusqu’à la porte de Carmine Sabatini, parrain mafieux qui lui propose de convoyer un étrange colis pour un restaurant clandestin qui ne sert comme plat que des animaux en voie d’extinction.

Quelle belle année pour le cinéma américain que l’année 1990! » Sailor et Lula » flinguaient et s’aimaient sous le regard tutélaire du King, tandis que Johnny Depp singeait ce dernier dans « Cry Baby », Michael Douglas coursait un Yakuza sadique sous la « Black rain » nippone et « Les affranchis » se gobergeaient dans leurs rêves de gangsters.

Au milieu de ces poids lourds se faufila cette petite comédie mafieuse ou Brando parodiait son iconique personnage du « Parrain » face à un Matthew Broderick d’abord dépassé puis gagnant de l’assurance à mesure que le récit progresse. Car « Premiers pas dans la Mafia. » est un récit initiatique ou Clark le héros interprété par Broderick atterrit dans un monde auquel il ne comprend rien mais qu’il devra pourtant intégrer. Et ce n’est pas simple, les choses et les gens ne sont jamais tout à fait ce qu’ils paraissent être.

Habile, le script joue sur ses références appuyées au chef d’oeuvre de Coppola – ainsi qu’à sa suite- et sur la confusion entre fiction et réalité incarnée par le personnage du prof de cinéma obsédé par « Le parrain II » fou de joie que son étudiant (Broderick) rencontre pour de vrai un ponte de la pègre. Il est vrai cela dit que la fascination des américains pour le crime amène fatalement ce genre d’ambiguité. Le film de Andrew Bergman en use afin d’amener l’histoire vers une conclusion inattendue.

« Premiers pas dans la Mafia » est de surcroît très bien servi par ses acteurs. Outre Brando qui prend un plaisir évident à se tourner lui-même en dérision, et Matthew Broderick qui ne démérite pas face à lui, il y a Maximillian Schell surprenant en excentrique, l’excellent second rôle Bruno Kirby sorti de « Quand Harry rencontre Sally » et un tout jeune BD Wong, bien avant ses succès à la télévision dans des séries comme « New York unité spéciale » ou « Oz ». Ironiquement, « Premiers pas dans la Mafia. » sortit presque au même moment que « Le parrain III » et « Les affranchis ». Soit entre un film qui concluait le cycle de films de gangsters que son original avait initié et un autre qui annonçait le grand tournant dans le genre. A côté de cela, « Premiers pas dans la Mafia. » évidemment plus modeste mais infiniment honorable, ajoutait un post-scriptum plein d’humour et…de fraîcheur! (Allez, ça y est je l’ai dit!)


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