Aujourd’hui: Bo Diddley
Je devrais sans doute changer le titre de cette rubrique. Convient-il à tout ceux qui y figurent? Non, évidemment. En tout cas, il ne s’applique pas vraiment à Ellias Bates, alias Ellias McDaniel alias Bo Diddley. Un des plus grands créateurs du Rock’n’Roll. Ce natif de McComb, Mississipi dut dès le débuts jongler avec les noms. En effet sa mère naturelle appelée Bates encore mineure dut le confier à une amie, une certaine Gussie McDaniel, qui transmit au garçon le patronyme sous lequel il signera plus tard ses chansons.
Il contractera très tôt le virus de la musique, du Blues, précisément. Ironiquement, Gussie lui permit d’apprendre le violon à l’église baptiste Ebneezer (Comme le Scrooge du « Chant de Noel » de Dickens) mais lui défendait de jouer cette musique qu’elle disait diabolique. Quand il fut plu âgé, il fit un crochet par la boxe – mauvais jeu de mots, j’en conviens- semblable en cela à d’autres gloires de notre musique préférée, Screaming Jay Hawkins et Johnny Burnette notamment, avant de passer aux choses sérieuses.
Il élabora son rythme bien particulier qui fut qualifié tantôt de « Jungle beat » ou « D’éternel backbeat du Rock » et qui s’inspirait lointainement d’un rythme cubain justement nommé la « Habanera » mélangé à la gamme du Blues. Mais ces questions de cocktail ne sont que de peu d’importance en regard du résultat: un tempo sauvage ou la grosse caisse s’assaisonne des maracas de Jerome Green et de la guitare oscillante de Bo Diddley, lequel avait enfin trouvé l’identité que lui reconnaîtrait le public. Ce nom, il faut encore en parler car il apparaît dans nombre de morceaux du lascar, à commencer par « Bo Diddley ». Il ne faut pas se gêner. Il y aura aussi « The story of Bo Diddley » « Bo Diddley is a lover » « Bo Diddley is a gunslinger » etc.
Il signa sur Checker sous-label des frères Chess, lesquels prenaient chez eux une nouvelle future légende, après Muddy Waters, Etta James et bien d’autres. Il fut révélé par la mythique émission de Dick Clark. Notons au passage que le célèbre présentateur fut paraît-il plus surpris que ravi par cet invité. Quoiqu’il en soit, Bo Diddley était sur les rails. Il remporta de nombreux succès, adopta des instruments parfois extravagants telle sa fameuse guitare en forme de boite à cigare. Il s’adjoignit les services d’une guitariste « The Duchess », influença au passage quelques blancs becs et pas des moindres (Mais ça je le garde pour l’article suivant) puis connut de fréquents avatars. Twist, Surf, et à l’aube des années 70 funky avec une bonne rasade de psychédélisme.
A suivre!…






« Surfin’ with Bo Diddley » est une escroquerie en cela qu’il ne contient qu’une moitié de titres de l’auteur! Certes, il y a Billy Lee Riley parmi les membres de ce collectif, mais quand même! D’ailleurs, Riley protesta à ce sujet pour la cause de son confrère.






