Aujourd’hui: Jean Claude Floc’h, suite!
L’univers de Floc’h est très référentiel, ce qui se conçoit en regard de la période qui le vit s’imposer, à savoir les années 80. Cette décennie postmoderne se nourrissait du passé, ce qui était logique, la création originale étant morte. Mais la création est morte, vive la (re)création! Floc’h en est un des plus brillants exemples. Certes, il a récemment repris le temps d’un album les mythiques créatures de E.P Jacobs Blake et Mortimer, s’est référé à James Bond, Tintin (forcément!), a illustré des couvertures pour les romans de Eric Ambler. Et encore une fois, il s’inscrit dans la tradition de la Ligne claire. Mais il a bâti sur le passé, ce que les imbéciles qualifient de « vieux », une oeuvre très singulière qui n’est en rien poussiéreuse.
Preuve en est sa série évoquant les couvertures de Life magazine réalisée en 1985, faisant les portraits de célébrités du milieu du XXème qui sera suivie de « High Life » quelques années plus tard. Il y eut plus récemment sa magnifique série « Blitz » saga à la fois intimiste et spectaculaire et chant d’amour à l’Angleterre du « London can take it » cher à Churchill. L’oeuvre est moderne dans son regard sur l’Histoire, classique dans ses références, totalement personnelle au final. On notera au passage les nombreux clin d’oeils à l’Angleterre, réelle ou fantasmée.
Ce qui nous amène au goût du beau de l’auteur, du beau en général et notamment du beau vêtement. Ses planches ont en effet remplies d’hommes en costume, et il a par ailleurs travaillé régulièrement à « Monsieur », bible de l’élégance contemporaine. L’homme est lui-même un élégant dans la vie.
Cet état d’esprit imprégnant son oeuvre, il fait partie de ces artistes transformant la publicité en art, voir plus bas son travail amusant autant que brillant pour les pastilles Pulmoll ou la réclame pour une friandise médicinale tourne au suspense judiciaire. Il ne faut pas non plus oublier son travail pour le cinéma, en particulier pour Alain Resnais auquel il rendit hommage par un timbre poste.
Sur ce, je vous laisse!















