Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Littérature française

Aujourd’hui: « Le zonard des étoiles » de Tramber et Jano (1982)

Kebra, rat loubard à cuir et santiags vole à un savant fou un scooter qui s’avère être une machine à voyager dans le temps et l’espace. C’est grâce ou à cause de ce véhicule pour le moins original que notre héros se retrouve sur une planète peuplée de mutants et de robots. Munis du pistolet dérobé à un robot policier, Kebra se fraie un chemin jusqu’à la Terre du XXème siècle, tout au long d’un parcours évidemment mouvementé.

Paru d’abord en feuilleton dans le magazine « Métal hurlant », « Le zonard des étoiles » fut la seule aventure du rat loubard se déroulant dans un univers de science fiction, parodique mais de science fiction quand même. Le récit très bien construit opère une fusion réussie entre le monde de la « Zone » et celui du Space opera alors très en vogue. Il est vrai que suite au succès de « La guerre des étoiles », les vaisseaux spatiaux, les robots, les extra-terrestres et les rayons laser avaient non seulement envahi les écrans mais aussi l’ensemble de la culture populaire. La New wave et ses musiciens aux allures d’androides (Quoique les allemands de Kraftwerk avaient dans ce domaine de l’avance), les jeux vidéos et bien sûr la bande dessinée.

L’habileté des auteurs ici est de rapprocher deux imageries. L’une bien réelle et contemporaine de la sortie de l’album avec banlieue, terrains vague et petits délinquants à Perfecto et bottes mexicaines. Ce qui fait de Kebra un cousin murin du Gérard Lambert de cet abruti de Renaud. L’autre, relevant d’une des hautes formes de l’imaginaire. Toutefois, il est intéressant de noter que le monde ou débarque Kebra n’est pas si différent de celui dont il est issu. Sur la planète ou Kebra s’invite, il vole, s’acoquine avec les voyous du coin et est poursuivi par la maréchaussée. La ficelle est simple mais fort bien exploitée, rappelant au passage que la science fiction tire ses idées de la réalité et que la réalité a parfois des airs de fiction et donc de rêve!


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