Aujourd’hui: « L’homme au sang bleu » de Léo Malet (1945)
1938: Alors qu’il se rend à Cannes à la demande du comte de Fabrègues, Nestor Burma assiste à une fusillade ou est impliquée la bande du caid local Chichi-Fregi. Peu après, Burma apprend la mort de son client. Il est bientôt contacté par le frère du défunt qui attend (évidemment!) du détective qu’il enquête sur la mort du comte. Burma met alors les pieds dans un monde ou aristocrates vrais et faux, faux-monnayeurs et passion amoureuse s’emmêlent.
« L’homme au sang bleu », troisième roman des « Aventures de Nestor Burma » se distingue de ses prédécesseurs en cela qu’il ramène le héros à la fin de l’entre-deux guerres et le délocalise à Cannes, une manière pour Léo Malet de retrouver ses racines, lui, le natif sud. Ce n’est pas le seul trait inhabituel puisque Faroud et Marc Covet pointent aux abonnés absents. Toutefois, la belle Hélène est de la partie.
Si l’intrigue est solide, le plus intéressant ici est le milieu décrit, en l’occurrence l’aristocratie survivante (C’est toujours bon de taper sur l’ancien monde dans un pays qui ne s’est jamais remis d’avoir tué son roi, mais assez parlé de ce paradoxe qui me donne de l’urticaire) et ses connexions à priori incongrues avec le « Milieu ».
Roman plus coloré que les précédents Burma, « L’homme au sang bleu »profite du soleil du sud pour éclairer l’abattoir mené par les truands sous l’oeil cynique de Nestor Burma. (Malet écrira plus tard « Abattoir ensoleillé », un de ces romans hors de Burma)

