Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Cinéma, édition spéciale!

Aujourd’hui: Coup de chapeau au cinéma sud-américain suite!

« L’éveil de la bête/Ritual dos sadicos » de José Mojica Marins (Brésil, 1970)

Quatre pervers sont enlevés puis réunis dans un lieu clos ou ils sont soumis à une expérience hallucinatoire. Ils ont en conséquence des visions ou apparaît la figure du croque-mort Zé du Caixo. Parallèlement, le film montre un débat dont la figure centrale n’est autre que José Mojica Marins lui-même, créateur du croque-mort susmentionné.

Avant toutes choses, il convient de présenter José Mojica Marins à l’intention de ceux qui ne la connaîtraient pas. Il s’agit d’un réalisateur brésilien qui s’est rendu célèbre par la création dans les années 60 du personnage de Zé du Caixo (Autrement dit en français « Joseph du cercueil ». Notons qu’il est nommé « Coffin Joe » dans les pays anglophones) croque-mort doublement sacrilège puisqu’il tourne à la fois le dos et à Satan lui-même, ce qui, vous en conviendrez marque un total manque de respect. L’individu qui officie dans un village isolé et crasseux choque son monde et perd la tête (Dans le désordre, mais après tout l’ordre de la phrase est commutatif) le jour ou il se met en tête de trouver la femme qui lui donnera un fils immortel. Bon, au manque de respect s’ajoute celui de modestie et comme sis cela ne suffisait pas, le monsieur n’a guère d’égards pour les dames, les kidnappant pour les torturer avec des araignées vivantes (Et c’étaient de VRAIES arachnides!) Entre autres joyeusetés. Sandrine Rousseau va pas être contente. Bien entendu, la morale est sauve à la fin puisque l’ami Joseph meurt, recevant le châtiment qu’il mérite. Et toc Quand sort en 1970 « L’éveil de la bête », Zé du Caixo a déjà sévi dans deux films « A minuit j’emporterai ton âme/A meia noite levarei sua alma » (1964) puis « Ce soir je m’incarnerai dans ton cadavre/Esta noite incarnarei no teu cadaver » (1967) Auquel on peut ajouter « O estranho mundo de Zé du Caixo » (1968) film à sketchs, mais passons.

Cette présentation, venons en au vif du sujet. « L’éveil de la bête » se paie le luxe de casser le quatrième mur en mettant en scène la créature et son créateur, une mise en abyme qui débouche sur…on ne sait pas quoi! Ou plutôt si. Jugez par vous-même: Des rêveries tantôt en noir et blanc tantôt en couleur, des fesses peinturlurées en visage, une chanson pop pas mal du tout (« Guerra » de Kalafe e a Turma) et surtout les monologues du Joseph. C’est qu’il cause, pépère! Une logorrhée digne d’Achille Talon et de Jodorowsky (Autre sud-américain faussement cinglé mais vraiment escroc) incompréhensible portant sur la vie, la mort, l’amour, les vaches.

C’est involontairement drôle, parfois soporifique, mais c’est assez bizarre pour y jeter un coup d’oeil. Et au moins Marins a-t-il eu le mérite de se distinguer, bien que ce fut de bien maladroite manière, des niaiseries sentimentales et des prétentieux essais du cinéma « Novo » (Glauber Rocha dont la presse gauchiste française se gargarisait alors) qui faisait trop souvent le lot du cinéma brésilien de cette époque!

Garçon, la suite!


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