Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Cinéma édition spéciale!

Aujourd’hui: Coup de chapeau sur le cinéma sud-américain, une esthétique de l’excès.

L’Amérique du sud, l’Amérique latine, l’Amérique centrale, l’Amérique hispanophone. Le coin des pays émergents, des pays modestes, bref des indigènes à sombrero, du moins selon l’un de nos génies nationaux, j’ai nommé Jacques Audiard dont la cause ne saurait plus être défendue depuis son épopée transgénique au script digne d’un collégien attardé en pleine recherche de genre.

L’Amérique au sud de la frontière si l’on prend les choses d’u point de vue américain, il est vrai, a mauvaise image. Pauvreté, révolution et dictatures de tout poil propres surtout à peupler les fantasmes d’un électeur de LFI (Sous réserve qu’il sache lire) Mais cette partie du continent est, du moins pour certains pays, une terre de cinéma. Cinéma d’auteur pour festivals internationaux parfois intéressant, parfois casse-pied. Cinéma populaire aussi, cinéma d’exploitation, propre à tout les délires.

Erotiques, violents, drôles (Parfois involontairement!) Ancrés dans des cultures spécifiques, courageux lors de contextes difficiles et souvent dangereux. Plus ou moins inspirés mais à la personnalité toujours attachante, ils méritent d’être (re)découverts!

Le cinéma d’exploitation est souvent évoqué ici, il y a même fait l’objet d’un dossier ou les films qui vont être présenté ici auraient pu figurer. Pourquoi ne pas les avoir inclus? Parce que les cinémas sud-américains ont si riches qu’ils méritaient bien un dossier rien que pour eux!

« Fuego » de Armando Bo (Argentine, 1969)

Une jeune femme heureuse en ménage voit son bonheur peu à peu détruit par sa nymphomanie.

Alors là, on a affaire à un mythe! Le couple Isabel Sarli/Armando Bo fut la PME à fantasmes des mâles argentins et sud-américains en général pendant plus de deux décennies. Et même chez le voisin du nord en particulier auprès des nombreux latinos vivant aux USA, allant jusqu’à inspirer des vocations chez les jeunes filles, en tout cas une certaine Vanessa Del Rio qui admirait celle que l’on surnommait « La Coca » au point de devenir la star de porno que l’on sait.

Il y avait derrière ce succès, une formule. Mais quelle était ce sortilège issu de la paire formée par Armando Bo et sa muse? Simple comme bonjour! Une femme magnifique vit un calvaire sexuel (Sans que sa mise ne pli en soit pour autant affectée) au bout duquel elle trouvera soit la mort, soit la rédemption. Voire un mélange des deux, comme c’est le cas dans « Fuego » qui fut la mise au point de ladite formule après le prototype qu’avait été l’année précédente  » Carne » demeuré célèbre pour sa scène d’amour au milieu des quartiers de viande.

Outre l’argument – le fond pourrait-on dire- il y a l’esthétique. Colorée, un brin naive, parée de quelques effets tape à l’oeil (La lumière qui apparaît au mari peu après la mort de sa femme à la fin de « Fuego »), elle synthétise les tics du roman-photo sentimental et de la presse nudiste. Mais pas trop. Dans « Fuego », de nombreuses turpitudes sont évoquées mais demeurent suggérées. De la nymphomanie qui constitue le thème du film à l’homosexualité féminine incarnée ici par l’employée de maison d’Isabel Sarli qui peut effectivement être qualifiée de femme à tout faire.

Donc, tout cela semblerait bien sage pour les consommateurs de porno sur téléphone portable. Mais si on est loin de « Jacquie et Michel », (Heureusement!) l’entreprise était très courageuse en regard de l’époque ou la libération des moeurs commençait seulement et plus encore du contexte. L’Argentine entrait dans une nouvelle ère dictatoriale suite au coup d’état mené par le général Juan Carlos Ongania (« El comandante de la junta militaaaaar! »mais si vous savez!) ce qui contraignit le couple à sortir le film aux Etats-unis (Certaines scènes avaient d’ailleurs été tournées à New York)

Ce cas n’est pas unique, comme on va le voir dans le suite de ce dossier!

A suivre!


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