Aujourd’hui: Tom and Jerry, Tico and the Triumphs, Simon and Garfunkel au premier jour…
Souvent les artistes entrés dans la légende donnent l’impression que la route pour la gloire fut automatique et que leur talent fut reconnu de manière instantanée. Voire qu’ils se sont trouvé dès le début. Tout le monde veut le croire mais chacun sait au fond que c’est faux. Aussi est-il parfois intéressant de se tourner vers le commencement, le moment ou un artiste s’est en quelque sorte inventé. Avant les succès magnifiques apparentés au Folk Rock, Simon and Garfunkel participèrent à l’aventure du Rock’n’Roll sous divers noms. Ils pratiquèrent le Highschool – la forme « soft’ de notre musique préférée- ainsi que le Doo Wop. Il n’y a pas lieu de s’en étonner, ils étaient des enfants des années 50, des natifs de la côte est, coeur de la musique à « voix » représentée notamment par Dion di Mucci, avec ou sans les Belmonts. Et comme nombre de leurs pairs, américains ou non, ils reçurent l’influence des Everly brothers, lesquels inspirèrent également les Beatles. Entre autres.
Ce fut sous le patronage des frères Everly que le duo commença sa carrière, obtenant un joli succès Highschool « Hey schoolgirl » en 1957 qui était justement un démarquage du » Hey doll baby » de leurs aînés. Déjà stars, ce qui fait quelque peu mentir mon introduction. Mais peu importe, j’ai bien droit à la contradiction, non? Mais poursuivons. En revanche, il y a un détail peu aimable dans cette histoire qui avait tout pour être belle. Le nom de « Tom and Jerry » fut imposé aux deux musiciens afin de cacher leurs origines juives. Ainsi Paul Simon devint-il Jerry Landis et Art Garfunkel Tommy Graph. On est loin du chat et de la souris des dessins animés, et plus ssérieusement, c’était encore l’apoque ou le showbiz américain camouflait les ethnicités susceptibles de déplaire. Le cinéma partageait ces pratiques, forçant des acteurs à s’américaniser davantage, Jacob Julius Garfinkle fut rebaptisé John Garfield, et c’est loin d’être le seul exemple.
Ensemble ou séparément, les deux hommes connurent divers avatars, on citera pour Simon le trio (Sans Garfunkel) « Tico and the Triumphs » qui enregistra un simple de Highscool très dynamique « Motorcycle/I don’t believe them » en 1961. Quant à Garfunkel, il sortit quelques titres sous le nom de Artie Garr.
Une petite poignée d’années plus tard, ce serait la vraie gloire, mais ça c’est une autre histoire…



