Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Soldats improbables

Aujourd’hui: Les turbans du Reich.

Les guerres ont leur hasard, c’est connu. Outre l’alliance improbable de l’Allemagne nazie avec le Japon déjà évoquée dans ces pages, il y eut au sein des forces armées du Reich nombre d’étrangers – ce qui en soi n’est pas choquant, de tout temps, divers pays ont eu recours à des non-nationaux. Mais il ne faut pas oublier le caractère fondamentalement raciste du régime hilterien, rendant, encore une fois, cocasse la présence dans les rangs de ses défenseurs des hommes à l’épiderme ou à la filiation peu conformes aux canons aryens.

Mais nécessité fait loi. A la guerre, parfois peut-être plus qu’ailleurs. Ainsi en 1943, la situation sur le front de l’est devenant de plus en plus difficile pour les allemands, ces derniers oublièrent leurs scrupules, recrutant largement dans l’espace russe, notamment chez les minorités ethniques. Mais cela fera l’objet d’un autre article. Sur le front d’Afrique, il en alla de même, des recruteurs passant dans les camps de prisonniers Ceux-ci amadouaient les soldats issus des colonies des pays ennemis, usant de leur fierté nationale afin de les retourner. Certains hommes cédèrent aux promesses de ces « sergents-recruteurs-, venus du Maghreb pour ce qui concernait l’armée française, du Moyen-Orient pour l’armée britannique. Ou de ce qu’on appelait alors les Indes. Oui, au pluriel.

Ainsi des indiens se retrouvèrent-ils à porter l’uniforme feldgrau au sein de la légion « Freies indien » (Indiens libres »)ou « Indisches Infanterie Regiment 950 » au grand dam d’Hitler qui, s’il n’empêcha pas la création de l’unité en question, désapprouvait la présence de ces éléments dans son armée. « Il y a des indiens qui sont incapables de tuer des poux, ils ne vont certainement pas tuer des anglais! » Disait-il. Dont acte. Hitler rencontra tout de même le leader indépendantiste Chandra Bose à l’origine du projet, lequel joua des racines « aryennes » de son peuple. (Bose, soit dit en passant, était peu estimé de Ghandi qui lui trouvait trop peu de foi dans la non-violence. Ceci posé, les deux hommes connurent un sort tragique. Ghandi fut assassiné, comme chacun sait, quant à Bose, il mourut dans un avion dont on ignore si c’était ou non par accident)

La Légion indienne se battit un peu en Afrique, un peu en France, en Normandie et en Gironde après un entraînement laborieux, les instructeurs allemands manquant de la souplesse des français ou des anglais, par ailleurs habitués – forcément- à ce type de recrues. Elle fut finalement abandonnée sans arme en rase-campagne, quelque part en Auvergne. Ajoutons que la Waffen SS envisagea de les récupérer, allant jusqu’à fabriquer une patte de col à tête de tigre. Le projet tomba à l’eau.

Les troupes indiennes inspectées par Rommel.

Chandra Bose (De dos) avec Hitler.


Laisser un commentaire