Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Les excentriques du Rock’n’Roll.

Aujourd’hui: Un, deux trois, Billy Fury, Rory Storm, Tommy Steele, ou la triplette de Larry Parnes.

On était au Royaume uni, les restrictions de l’Après-guerre commençaient enfin à n’être plus qu’un souvenir et la jeunesse locale découvrait les nouveaux rythmes d’Amérique. Et avec quel bonheur. Au point que cette musique connaîtrait un plus grand succès que dans son pays d’origine.

En Angleterre comme ailleurs, on ne se contenta pas d’écouter, on imita aussi. Les clones du King fleurirent en terres des angles, façonnés par des imprésarios avisés, parmi lesquels Larry Parnes. Ce fils de la bonne bourgeoisie britannique fabriqua ainsi à la chaîne des idoles à destination des pubères. Parnes s’occupait d’eux des pieds à la tête, allant jusqu’à les nommer. Pour l’anecdote, Parnes choisissait les noms de scène en fonction de leur performances sur l’oreiller. Eh oui, chères amies de #METOO, les hommes passaient eux aussi à la casserole! Suite à cette épreuve, les heureux élus trouvaient leur identité auprès du public. Rory Storm (Rory la tempête) Billy Fury (Billy le furieux) Tommy Steele (Tommy l’acier) De cette cohorte de légionnaires du rêve se dégagea la triplette suivante: Billy Fury, Rory Storm et Tommy Steele.

Avant de poursuivre, ne vous méprenez pas sur le sens de mes propos qui ne sont ni méprisants, ni amers. Les idoles fabriquées sont aussi vieilles que le Chobizeness lui-même, et n’ont d’ailleurs pas disparues. Et certaines n’étaient pas dénuées de talent. Après tout, Piaf n’avait-elle pas été façonnée?

Billy Fury était des trois le meilleur, formidable chanteur, créateur du premier authentique Rockabilly britannique (« Turn my back on you ») magnifique également dans la ballade (« Halfway to Paradise »). Rory Storm et son groupe the Hurricanes n’étaient pas manchots mais ne faisaient que des reprises. Si cette bande ne sombra pas dans l’oubli, ce fut grâce au bref passage qu’y fit un certain Ringo Starr. Quant à Tommy Steele, il était le moins doué. Bien que doté d’une belle voix, il ne la mettait le plus souvent qu’au service de niaiseries. Mais ça devait plaire, puisque le gonze eut droit à son film « The Duke wore jeans ». Ce n’était pas un chef d’oeuvre. Etonnant, non?

Certains qui me lisent pensent que je trouve que c’était mieux avant, que tout était mieux avant. Que c’est d’autant plus commode que cette nostalgie est celle de ce que je n’ai pas connu. Pas faux. Mais ce n’est pas interdit. Et cela ne me prive pas de tout sens critique. Preuve en est cet article pour le moins critique à l’égard du passé. Cela dit, quoi que discutables, les musiciens susmentionnés valaient toujours mieux que Aya Nakamura. Eh oui, on ne se refait pas!

Larry Parnes

Rory Storm and the Hurricanes

Tommy Steele


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