Aujourd’hui: Spécial Frédéric Valmain. » Santa Puttana » , « Johnny Madame » et « Les délices de l’Enfer »
Avant de commencer, il convient de présenter un peu Frédéric Valmain, auteur prolifique mais obscur et, surtout, à l’identité incertaine. En fait beaucoup aujourd’hui doutent encore de son existence, le considérant comme un pseudonyme de Frédéric Dard avec lequel il partageait le même éditeur Fleuve noir. Selon les biographies, il serait né en 1931 à Alger puis mourut en 2003, je ne sais plus ou. Entre temps, pour un être non-existant, il fut pour le moins actif. Acteur, scénariste, dramaturge, adaptateur théâtral et bien sûr romancier.
Il démarra dans le polar pendant les années soixante avant de se tourner lors de la décennie suivante vers d’autres rivages. Oui, mais lesquels? Il est bien difficile de répondre du tac au tac à une telle question tant les livres dont il va être question ici brassent de genres différents. Fiction historique, polar, mélodrame, satire…Beaucoup de choses se mélangent pour donner un résultat populaire et singulier.
Sans plus attendre, trêve de présentation, allons donc faire un tour, non du côté de chez Swann mais de Valmain et de trois de ses romans, choisis par votre serviteur!
« Santa puttana » (1974)

David Cherubini, fils d’immigrés italiens dont le père est un petit employé de la Mafia connaît une belle ascension en devenant avocat. Bien qu’honnête, il ne peut empêcher d’être le témoin parfois actif des actes de son père et de ses collègues. Sa vie prend une tournure inattendue lorsqu’un ami accidenté lui confie avant de mourir le secret qui mène à « Santa puttana », la femme idéale qui doit ce sobriquet à Marie Madeleine. « Il lui sera beaucoup pardonné car elle aura beaucoup aimé. »
« Santa puttana » pourrait être le modèle absolu de l’oeuvre de Frédéric Valmain tant il en présente les caractéristiques essentielles. Une famille immigrée aux Etats-unis, un héros qui connaît le succès d’une façon presque automatique jusqu’au moment ou un événement imprévu vient bouleverser ce cheminement à priori tracé d’avance, le tout pimenté d’un mélange de cocasserie et de tragique ainsi que de nombreux rebondissements. On remarquera la structure narrative double, le livre contenant non une mais deux histoires. Celle de la réussite de David, d’une part et d’autre part celle de sa quête amoureuse. Evidemment un changement de ton suit le changement de registre sans que cela semble incongru. Rien d’étonnant à cela tant l’auteur sait jouer des contrastes. Violence et drôlerie de la première partie, sordide et romantisme de la deuxième qui se conclut sur une note optimiste.
Valmain exploitera à nouveau ce procédé mais de manière plus étudiée dans ses livres suivants…
Fin de l’épisode..
