Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Le cinéma américain

Aujourd’hui: « Top secret » de Jerry Zucker, David Zucker et Jim Abrahams (1984)

Un chanteur de Rock américain se rend à un festival en Allemagne de l’Est (!) ce sera pour lui le début d’une aventure mêlant romance et espionnage.

Quatre ans après « Y’a-t-il un pilote dans l’avion? », savoureuse parodie des films catastrophe, le trio Zucker Abrahams Zucker, plus communément appelé ZAZ (Sans rapport avec la chanteuse) frappait encore avec ce méli-mélo raillant l’espionnage, le film d’aventures, et la comédie musicale Rock, le tout avec force clins d’oeil à quelques classiques ou/et grands succès tels « La grande évasion », « Le lagon bleu » ou « Le magicien d’Oz ». En gros, pour avoir une idée de la chose, il suffit d’imaginer ce qu’aurait donné un film d’Elvis mélangé à « Papa Schultz » sur un train d’enfer. C’est drôle, avec un effort d’imagination de la part des auteurs qui ont situé l’action en République démocratique allemande, ce qui change des russes habituels sur lesquels se tournait Hollywood dès lors que l’ennemi venait du froid. Il est d’ailleurs intéressant de noter que ce milieu d’années 80 fut marqué par une obsession pour le communisme dans la culture populaire. Entre « L’aube rouge » et « Rambo II » en passant par « Soleil de nuit », les le soleil se couchait décidément à l’Est pour nos amis américains. il est par ailleurs bon de noter que l’hostilité envers les russes n’y était pas systématique, entre le danseur de « Soleil de nuit », le musicien de « Moscou à New York » ou les policiers intègres de « Gorky park » ou de « Double détente », le russe redevenait un être humain dans l’imaginaire collectif. La France ne fut pas en reste non plus avec l’équipe du Splendid se livrant à ses pitreries dans une URSS rigolote le temps d’un « Twist again à Moscou ». Dans un registre identique, la chanson s’en empara également via Elton John et son « Nikita » ou encore Sting avec « Russians » (Qui nous apprenait que les russes aimaient eux aussi leurs enfants, sans blague?!) pompant éhontément Prokofiev au passage.

Mais revenons à nos moutons. C’est à dire, le film.

le film? « Top secret », donc, souffre de plusieurs faiblesses, le rythme trop soutenu de gags rend ces derniers moins percutants que dans « Y’a-t-il… ». Par ailleurs, l’ensemble fonctionne moins bien car l’objet de la parodie y est moins précis que dans l’opus précédent des ZAZ. Cependant, le film, encore une fois fait rire et ses acteurs y sont pour beaucoup. Que ce soient les grandes stars dans de petits rôles tels Peter Cushing en libraire à loupe ou Omar Sharif en espion malchanceux à la limite du masochisme, ou les autres comédiens moins connus – du moins à l’époque- notamment Val Kilmer. Ce dernier y est parfait en clone du King qu’il imite de troublante manière, se révélant un danseur et un chanteur d’exception. A ce propos, et sans doute le savez vous, l’acteur susmentionné vient de nous quitter alors qu’il n’était que sexagénaire. Fin triste autant que prématurée pour ce comédien à la carrière inachevée qui demeurera dans la mémoire de beaucoup le double de Jim Morrison dans « The doors » et surtout « Iceman », rival de Tom Cruise dans « Top gun » (« Take my heart awayyyyyyyy.. »). Réputé odieux sur les tournages, il n’en n’était pas moins talentueux et parfois surprenant dans ses choix. L’âme damnée de Marlon Brando dans « L’île du docteur Moreau », ou Simon Templar dans nouvelle version du « Saint » en sont des exemples.

Quoiqu’il en soit, il est pour moi à jamais ce clone humoristique du King qui m’aura bien fait rire pendant mon adolescence.


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