Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Cinéma- Edition spéciale- Fantastique deuxième partie.

Quelques friandises importées d’Outre-Manche pour conclure ce dossier qui aurait pu s’intituler « Les perles de l’exploitation ». J’ai en effet pensé donner ce titre mais j’y ai renoncé tant Internet est submergé de classements en tout genre. Les dix meilleurs, les vingt pires, et autres. Au milieu de cette kyrielle de sélection digne d’un tableau de Ligue 1, quelqu’un devrait proposer les dix moyens quelque chose (Ce que vous voulez), histoire de célébrer non plus l’excellence mais la médiocrité. Trêve de plaisanterie, il ne s’agissait pas ici d’une distribution de prix mais d’un choix tout personnel. Mais pas que. Avec ses défauts, ses limites et caractéristiques, l’Exploitation, en particulier lors de la décennie ciblée ici, refléta l’évolution de la société. Les revendications des minorités au travers de la Blaxploitaiotn, la libération des moeurs au travers des films de Russ Meyer, la guerre du Vietnam et les nouveaux modes de vie tribaux dans la Bikesploitation, et un nouveau rapport à la violence au cinéma. Autant de Madeleines de Proust et de fenêtres ouvertes sur une autre époque, un autre monde, proche et lointain. Mais dont notre temps est redevable.

Quoiqu’il en soit, afin de terminer en beauté (Du moins je le souhaite!) un coup de chapeau à la firme Amicus au travers de deux films, et pas des moindres.

« La maison qui tue/The house that dripped blood » de Peter Duffel (1970, Royaume uni)

Un agent immobilier présente une maison en racontant les diverses histoires macabres qui s’y sont produites.

Un agent immobilier qui dit la vérité sur un bien, ça c’est vraiment du fantastique, c’est simple ça n’existe pas! Bon, s’il y en a parmi vous, ne le prenez pas mal, je plaisante! Plus sérieusement, ce film à sketchs dont la firme de Milton Subotsky s’était fait une spécialité compte parmi les réussites du genre. L’introduction par un personnage inhabituel lui donne dès le départ une plaisante originalité. Suit une série d’histoires point trop inégales mais dont se détache toutefois le sketch ou Christopher Lee joue un père dépassé par son enfant qui cache une grande angoisse sous une apparence assez dure, donnant l’occasion à l’acteur de montrer une profondeur dont trop de rôles l’ont privé. Il y à également le dernier récit ou Sean Pertwee sorti de « Doctor Who » incarne une antipathique vedette de films d’horreur dont la vanité l’empêchera de voir piège que lui tendront un antiquaire malicieux autant que cruel et sa partenaire (Merveilleuse Ingrid Pitt) Drôle et glaçant à la fois, cette fable (Car c’en est une) offre également une mise en abyme amusante sur le genre pratiqué par la Amicus, l’horreur teintée d’humour et envoie une pique à sa concurrente la Hammer en parodiant son style gothique.

Reste le final réellement inquiétant qui prouve que bien amené l’invraisemblable et le surnaturel peuvent vraiment effrayer. Pour peu qu’on soit talentueux. Mais il y avait de quoi, sachant qu’scénario il y avait Robert Bloch, immense écrivain de la littérature d’angoisse américaine.

« Asylum » de Roy Ward Baker (1972, Royaume uni)

Un jeune psychiatre bientôt nommé à la direction d’un asile est reçu par son prédécesseur sur le point de quitter le lieux. Ce dernier l’invite à débusquer un individu particulièrement dangereux caché parmi les autres patients. Pour ce faire, il lui présente différents malades dont il raconte -évidemment- les histoires.

Et revoilà Robert Bloch derrière la machine à écrire pour cette nouvelle anthologie ou se bouscule du beau monde, Patrick Magge (Qui n’a pas quitté le fauteuil roulant de « Orange mécanique ») Peter Cushing, Robert Powell, Herbert Lom, Britt Ekland, une jeune Charlotte Rampling et Barry Morse.

Les histoires sont encore de bonnes factures mais plus convenues que dans « La maison qui tue » mais toujours bien menées, comme celle mettant en scène Charlotte Rampling et son amie imaginaire et maléfique jouée par Britt Ekland, ou encore celle ou Herbert Lom est poursuivi par son double miniature et maléfique. Le récit du tailleur interprété par Barry Morse est une variation sur le thème du vêtement maudit. Moins original mais bien mené, il demeure un fleuron du fantastique britannique.

A bientôt!


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