Alexandre Léger auteur rétro

Réflexions

Les présidents, la culture, le langage, la poésie….

 » Comprenne qui voudra, moi mon remords ce fut la victime raisonnable au regard d’enfant perdu, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés. »

Georges Pompidou trouva dans ces vers de Paul Eluard l’épitaphe pour la malheureuse Gabrielle Russier lors d’une conférence de presse devenue depuis célèbre en raison de cette citation que – évidemment- personne n’attendait. Pour ceux qui l’auraient oublié ou qui l’ignoreraient, Gabrielle Russier était un professeur de français amoureuse de son élève de vingt ans son cadet qui se suicida en raison de la pression sociale. Je m’arrête là quant à cette tragédie, car ce n’est pas le sujet.

Un président qui cite un poète quand on lui demande de commenter un fait-divers tragique. Si la chose prit l’envergure d’un événement à l’époque laquelle n’élevait pourtant pas l’ignorance au rang de vertu cardinale, qu’en serait-il aujourd’hui? Dans les 70/80, il était encore de bon ton pour un politique d’afficher une certaine érudition, ou d’apparaître dans une émission littéraire ou culturelle. Mitterrand, puis Giscard figurèrent à « Apostrophes ». Mitterrand citait Aragon lors d’un meeting (‘Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas, la rose et le réséda ») Pendant la présidentielle de 1995, Bernard Pivot invita à « Bouillon de culture » les candidats à s’exprimer sur les fables de La Fontaine. Mais passé le milieu des nonantes, les choses changèrent. Ce fut Chirac et ses truisme dûment rédigés par le sieur Guaino (Et encore il ne fut pas le pire, il nous fit même rire avec ses « ecoutèze, écoutèze » et son ‘Groze groze problème) puis ce fut le tour Sarkozy avec ses tirades de représentants en aspirateurs sorti du café du commerce, puis ce fut l’aphasique Hollande puis enfin l’automate pré-intelligence artificielle Macron. Autant dire qu’il y eut de quoi sortir les mouchoirs.

Tout ça pour arriver à ce miracle de l’égalitarisme. Sébastien Delogu, analphabète et cependant député. Ou la fin de la civilisation.


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