James Bond tourne casaque…Le titre de ce livre parodique aurait pu servir au film « Queer » ou l’ancien interprète du célèbre agent incarne l’écrivain homosexuel et drogué William Burroughs en pleine dérive au Mexique. N’ayant pas vu le film, je me garderais bien de donner mon avis. D’ailleurs, il n’est pas choquant qu’un acteur change d’emploi, Sean Connery lui-même interpréta une foule de rôles bien éloignés de 007. Ainsi, il fut le soldat rebelle de « La colline des hommes perdus », le truand sur le retour du « Gang Anderson » ou encore le Robin des bois vieillissant ( Voire gâteux) de « La rose et la flèche ». Néanmoins, là ou il y a clairement un problème c’est dans l’attitude du comédien. Déjà, il fut un Bond médiocre (En cela il ne démérita pas puisqu’il suivait l’évolution catastrophique de la franchise, mais c’est un autre sujet) et surtout à contrecoeur. En effet, peu avant son engagement il répondit à un journaliste qui lui demandait s’il accepterait de jouer le personnage qu’il préférerait « se trancher les veines » (Sic) On aurait cependant tort de rire d’une telle déclaration, après tout il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Ou les rares qui sont insensibles à un gros chèque.
Quoiqu’il en soit, monsieur Craig récidive. Avec cet art de la déclaration choc, il a récemment dit qu’il voulait au travers de « Queer » lutter contre la masculinité toxique.
Bon. Pourquoi pas. Mais n’est-ce pas une contradiction ( Une de plus!) quant on a comme lui prêté ses traits à un personnage qui est une des incarnations les plus achevées de cette fameuse virilité qui fait tant de mal? En regard des critères contemporains – du moins une partie d’entre eux- Bond fait à la vérité figure de cauchemar tant il se conduit mal avec les dames. Et encore ce n’est rien comparé aux livres qui ont inspiré la saga cinématographique, l’espion de sa majesté hésitant rarement à frapper les représentantes du sexe opposé. Eh oui, 007, pour son passage à l’écran fut adouci pour toucher un large public et oté d’un humour dont il est fort dépourvu dans les romans de Ian Fleming. Cette humanisation a justement atteint son comble avec Craig, transformant l’icône masculine en pauvre type qui se déguise en squelette lors d’un carnaval mexicain.
D’accord, il faut s’adapter au terrain, Roger Moore s’était bien habillé en clown dans « Octopussy », mais quand même…Il n’y avait pas alors la volonté de détruire un personnage et, finalement, la part du rêve. Aussi, n’y-a-t-il rien de surprenant dans la démarche de l’acteur. Cela s’appelle la déconstruction, heureusement, il nous reste Keanu Reeves dans « John Wick »
Pour se consoler, cette photo de Sean Connery.

