Aujourd’hui: « Marie la louve » (1947) et « La malvenue » (1952) de Claude Seignolle.
Voila deux livres de du même auteur, publiés à cinq ans d’intervalle, à la fois semblables et différents.
Commençons par le commencement, par ordre chronologique et donc par « Marie la louve ». Ce dernier narre la chute de Marie, très jeune femme capable de soigner les blessures et notamment celles des loups. D’abord aimée des habitants du petit village de Sologne ou elle vit, elle voit ceux-ci se retourner contre elle en raison de son don de guérisseuse. Trop proche des loups au goût des gens du coin, elle passe vite pour une sorcière. Le drame se noue pour aboutir à la mort de Marie.
« Marie la louve » réunit la Sologne et la superstition les deux « S » chers à Claude Seignolle, grand spécialiste des contes et légendes de France, auteur d’études, de contes et de romans abreuvés de son savoir. Tout y est dans « Marie la louve » qui au travers de l’argument surnaturel évoque le rejet dont son parfois victimes ceux qui sont différents, ainsi que la versatilité de l’opinion. En effet, le don de Marie lui apporte d’abord l’affection des autres mais c’est aussi à cause de ce même don qu’elle devient une paria.

« La malvenue » traite également du surnaturel en milieu rural et de la féminité maudite ( En Sologne, encore une fois) avec Jeanne, fille de M’oarch breton déraciné, taciturne et dur à la tâche. Comme Marie, Jeanne va être la cause et le centre d’une tragédie. Mais à la différence de la guérisseuse du livre précédent, Jeanne est coupable autant que victime dans ce qui survient. Frappée dès la naissance par une malédiction, – symbolisée par l’étoile qui marque son front- elle répand le mal autour d’elle, touchant les meilleurs comme les pires membres de la communauté villageoise.

Au final, deux variations sur les mêmes thème qui ne font pas pour autant de ces deux excellents romans des répétitions mais des oeuvres complémentaires. A lire? Absolument!
