Alexandre Léger auteur rétro

Cinéma et littérature.

Aujourd’hui: Quand le détective le Baker Street rencontre des figures historiques.

« Meurtre par décret/Murder by decree » de Bob Clark ( Canada/Royaume uni, 1978)

Sherlock Holmes, assisté de son fidèle Watson, mène à nouveau l’enquête. Pas n’importe laquelle, puisque celle-ci porte sur Jack L’ éventreur. Ni plus, ni moins. A mesure que se poursuivent les investigations du détective, non seulement les cadavres s’accumulent – et pas seulement ceux des prostituées- mais il devient de plus en plus clair que la Famille royale pourrait être mêlée à l’affaire…

Jack l’éventreur, un mythe issu de la réalité digne de la fiction…qui n’a guère hésité à s’en emparer. Et pour cause, une histoire réelle, des victimes assassinées d’horrible manière et….aucun coupable reconnu. Autrement it une porte ouverte à toutes les imaginations et toutes les théories, y compris les plus farfelues. Mais toujours et forcément énoncées avec le plus grand sérieux.

L’une des plus « populaires » fut celle du royal assassin, du chirurgien mandaté par la Reine en personne pour créer un écran de fumée autour d’une liaison aux airs de mésalliance entre une roturière et le prince héritier. Si « Meurtre par décret » n’est pas le premier film confrontant le limier de Baker Street et le tueur de Whitechapel (James Hill l’avait fait quelques dix ans plus tôt dans.. » Sherlock Holmes contre Jack l’éventreur »), il est sans doute le premier – du moins à ma connaissance- à prôner cette théorie incriminant les Windsor. Subtilement, il est vrai, car il profite des possibilités offertes par le sujet et son contexte – l’ère Victorienne- pour évoquer le sort des femmes ‘alors et caser ainsi un discours féministe typique de l’époque ou le film fut tourné. Mais sans excès, toutefois. Il est cependant intéressant de signaler à ce propos que les films d’époque, en l’espèce le XIXème siècle, parlent surtout de leur époque. Le personnage de Holmes subit ce lessivage, humanisé, socialement concerné et par moments fragile, dans les limites du raisonnable cependant. Point de dépendance à la drogue donc contrairement au film de Herbert Ross précédemment chroniqué.

Le réalisateur Bob Clark était coutumier des expérimentations thématiques. Entre « She man » et son travesti déserteur du Vietnam, « Le mort vivant » et son zombie revenu du Vietnam ( et vas-y que je te!) il avait prouvé qu’il n’avait pas froid aux oreilles, ici non plus dans ce film au budget bien plus conséquent que ceux précités. Au cas ou cela vous intéresserait, ce cinéaste allait connaître un succès retentissant avec une sorte d’American graffiti coquin « Porky’s » en 1981.

Il faut avant de conclure signaler l’excellence des acteurs: Christopher Plummer qui campe un Sherlock Holmes surprenant, James Mason parfait en Watson, sans compter Donald Sutherland, John Gielguld, David Hemmings et Geneviève Bujold.

En guise de conclusion, ces deux films réalisés au mitant des années 70 proposent des variations intéressantes sur un des plus grand mythe de l’imaginaire non seulement anglo-saxon mais aussi mondial. Ils montrent un héros sous un jour plus humain sans pour autant l’humilier. Loin des déconstructions dégradantes de notre temps…


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