Aujourd’hui: » Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express » et « Meurtre par décret », ou quand le détective de Baker street rencontre des figures historiques.
Il arrive souvent que les écrivains se servent de L’Histoire pour faire des histoires. Dumas fut le spécialiste du genre, s’inspirant de notre épopée nationale pour créer ses épopées romanesques, mêlant des personnages réels à leurs homologues de pure fiction. Exemple, D’Artagnan.
Le contraire se produit aussi parfois. Quand des créations littéraires se mêlent à des figures historiques. Ce fut le cas de Dracula, et peut-être plus encore d’un autre héros issu de l’ère Victorienne: Sherlock Holmes. Ce dernier, tué puis ressuscité par son créateur Sir Arthur Conan Doyle, connut après la mort de l’auteur de ses jours une vie intense sur le papier sous la plume d’autres romanciers ( René Reouven, notamment, avec « Elémentaire mon cher Holmes chroniqué dans ces pages et que je ne saurais trop vous recommander) ainsi que sur les écrans, le grand autant que le petit.
Au cours de ses nombreuses aventures, le limier de Baker Street croisa Jack l’éventreur ( Souvent) le capitaine Dreyfus, et même Sigmund Freud. Entre autres et même Vidocq, à la grâce d’un voyage dans le temps (Toujours chez René Reouven!)
Aujourd’hui, il sera question de deux rencontres cinématographiques du célèbre détective. L’une avec Freud, l’autre avec Jack l’éventreur. Allons-y!
« Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express/The seven per cent solution. » de Herbert Rosss ( Etats-unis/ Royaume uni, 1976)
Inquiet de la dépendance à la cocaine de son ami Sherlock Holmes, le docteur Watson accompagne ce dernier à Vienne afin de le faire soigner par la gloire émergente de la médecine mentale Sigmund Freud. La thérapie ne sera pas de tout repos. Et ce d’autant moins que notre détective sera mêlé à une sombre affaire impliquant son vieil ennemi, le professeur Moriarty.
Sherlock Holmes drogué qui s’improvise voleur de train? A première vue, cela ressemble à une élucubration sortie de l’esprit d’un disciple de Derrida, grand prêtre de la déconstruction ( « Toutes pour une » sortez de ce corps!). Il est vrai que cette époque ( Les années 70 en l’occurrence) encourageait les détournements et les parodies tous azimuts. Pour le meilleur et pour le pire. En l’espèce, il s’agit du meilleur car, loin de malmener le mythe, le film de Herbert Ross ( Par ailleurs inspiré du roman de Nicholas Meyer publié deux ans plus tôt.) humanise Holmes sans le priver de ses qualités légendaires.
Holmes est fragilisé par son addiction ( Déjà présente dans l’oeuvre originale, il convient de le rappeler) mais demeure un limier hors-paire. Ou presque. Car après tout, il forme bien une sorte d’équipe avec son colocataire le docteur Watson et c’est d’autant plus vrai ici, que son « sauveur » Freud en viennent vite à s’etraider. Cette confrontation qui tourne à la complicité est également la confrontation de deux archétypes. Holmes, personnage profondément britannique par sa maîtrise de soi et sa détermination, à mi-chemin entre le respect des traditions et la modernité de par ses méthodes. Freud, incarnation de la modernité naissante natif de la patrie alors avant-gardiste par excellence: l’Autriche. Si les deux s’observent et s’opposent, ils en viennent à se compléter. Ce qui est en fait typique des Etats-unis, pays né de la Grande-Bretagne et…influencé par l’Autriche et l’Allemagne, autres nations germaniques.
Le film fourmille par ailleurs d’idées originales, comme celle du match de Tennis, ou la romance que vit Holmes – la première dans la carrière de notre ami. Le tout est soutenu par une excellente distribution, Nicol Williamson et Robert Duvall, parfaits en Holmes et Watson, Alan Arkin impérial en Freud et qui prouvait là encore qu’il était un grand acteur en jouant un rôle très éloigné de ses emplois habituels. Il y a aussi Vanessa Redgrave ( L’amour de Sherlock) Samantha Eggar, Charles Gray ( En Mycroft, frère de Holmes, personnage qu’il reprendra dans l’excellente série avec Jeremy Brett quelques temps plus tard) Sans oublier Laurence Olivier en Moriarty, Joel Grey échappé de « Cabaret » en Basile de service et enfin notre Régine nationale.
A voir..en attendant la suite!




