Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Le cinéma français

Aujourd’hui: « Confidences pour confidences » de Pascal Thomas ( 1978)

Brigitte raconte son histoire et celle de ses deux soeurs, natives de Courbevoie devenues parisiennes au début des années 60.

« Quoi, une comédie dramatique intimiste dans ce blog? » Certains auront peut-être cette réaction à la découverte de cet article. A tort. Car, si j’ai comme le tout un chacun mes préférences, je n’ai pas de bornes sinon le goût du passé et..de la qualité. Car « Confidences pour confidences » est un film de qualité. Chose rare dans le cinéma intimiste, trop souvent voué au nombrilisme ou à l’insignifiance. Il n’en est rien ici, Pascal Thomas ayant évité ces écueils en mêlant le destin de personnages ordinaires à l’évolution de notre pays au moment des Trente Glorieuses. Avec tout les changements que cela implique: société de consommation ( La séquence de « La Samaritaine ») renouveau du cinéma ( Référence à « Un homme et une femme » avec Lelouch en personne ou le chien de la famille apparaît) libération des moeurs ( La grossesse d’une des filles) et le fait que Brigitte, narratrice et fil rouge du film, devienne institutrice, comme beaucoup de ses semblables à une époque ou le bac suffisait à donner l’accès à ce métier.

Le tout est dépeint avec beaucoup de tendresse et d’humour, servi par d’excellents interprètes campant des personnages attachants et pittoresques. Daniel Ceccaldi en père velléitaire mais sympathique, Michel Galabru en vieux militaire borné, Jacques Villeret en étudiant gauchiste amateur de « Jeune cinéma grec » et bien sûr Anne Caudry dans le rôle de Brigitte.

Un mot sur cette dernière avant de conclure. Anne Caudry était la petite fille de Georges Bernanos et, connut comme d’autres membres de la descendance de l’écrivain un destin tragique. Michel Bernanos ( Déjà évoqué dans ces pages) son oncle, également écrivain s’était suicidé, Anne quant à elle contracta le SIDA après s’être droguée, dont elle mourut à trente sept ans en 1991. Une perte pour la jeune femme ainsi que pour notre cinéma.


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