Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Le cinéma américain

Aujourd’hui: « Retour vers l’enfer/Uncommon valor » de Ted Kotcheff (1983)

Un officier américain reconstitue son ancienne unité dans le but de libérer des camarades demeurés prisonniers au Vietnam.

Ah, les années 80! Elles inventèrent ou tout au moins exploitèrent nombre de genres dont « Le film de guerre du Vietnam ». Ce genre, comme tout genre à part entière, possédait ses sous-genres. L’ancien combattant qui dévisse ( Type « Rambo » mais ceci dit, les années 70 avaient déjà beaucoup donné en la matière) le récit minutieux des combats ( « Platoon », « Full metal jacket » « Hamburger hill ») et enfin, le film de vétérans au secours de leurs copains croupissant dans les geôles communistes. Films de revanche fantasmée, les moins réalistes dans leur catégorie et plaisants cependant. « Retour vers l’enfer » relève de cette section, réalisé par Ted Kotcheff qui avait l’année précédente dirigé le premier Rambo et sorti deux ans avant « Rambo 2 », oui celui-là même ou l’ancien combattant en révolte contre la société se retrouvait porte-drapeau sauveur des prisonniers laissés pour compte. En cela, il y a une certaine ironie dans l’implication de Kotcheff dans ce projet.

Et à part ça? Outre que les sauveurs de prisonniers qui n’existaient pas sont en fait assez peu apparu sur lesécrans, « Retour vers l’enfer » et ses rares semblables appartient en fait au film de commando avec ses figures imposées. Objet de la mission, recrutement puis entraînement des hommes, avec l’inévitable galerie de portraits de personnages hauts en couleur. Ensuite, la mission proprement dite avec ses pertes et sa grandeur ( éventuellement). Rien ne manque ici avec en prime une belle brochette de gueules menées par Gene Hackman: Fred Ward, Reb Brown ( En amateur de Gershwin) et Randall « Tex » Cobb, familier des rôles de brutes à l’époque ( Ici, il est surnommé « Cirrhose, six roses? Pourquoi six?) Le film suscita l’indignation de Nicolas Boukhrief dans « Starfix » qui voyait là le retour du bruit des bottes, Jean Lartéguy se marra, tandis que le colonel Gritz ( Voir mon article à ce sujet) se la jouait sauveur au Laos. Dans la vraie vie.

En tout cas, c’est bien sympathique.


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