Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Le cinéma italien

Aujourd’hui: « Le général della Rovere/Il generale Della Rovere » de Roberto Rosselini (1959)

Emanuel Bardone, petit escroc en cheville avec les nazis en Italie occupée, commet l’arnaque de trop qui le mène en prison. Néanmoins, un colonel SS lui propose contre une réduction de peine de se faire passer pour le général Della Rovere, héros e la résistance, afin d’extorquer des renseignements à ses codétenus. Bardone se prend au jeu jusqu’au jour ou….

La transformation d’un homme. Ainsi pourrait se résumer le film de Roberto Rossellini qui ne qui suit les étapes de la rédemption de son héros. Bardone, est en effet d’abord miné par l’égoisme et le cynisme, n’hésitant ni à abuser de la confiance d’êtres en détresse, ni à trahir son pays. Tant et si bien qu’il en vient à la duperie suprême en endossant le rôle d’un héros, son exact contraire.

Néanmoins, l’impossible se produit: ce masque finit par devenir le vrai visage de Bardone, lequel va agir comme le ferait son modèle, allant jusqu’au sacrifice. Une belle histoire qui, malgré sa dureté, montre une grande foi en l’humanité.

Outre ces qualités indiscutables, le film de Rossellini entretient une certaine ressemblance avec « Kagemusha » de Akira Kurosawa. Ou plutôt le contraire, le film du japonais datant de 1980. Toutefois, le voleur chargé de remplacer un chef de clan durant l’ère médiévale qui finit par se hisser au niveau de son rôle n’est pas sans rappeler l’arnaqueur au service des nazis campé par Vittorio de Sica. Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur les rapports entre les cinématographies italienne et japonaise. Mais ça c’est une autre histoire!


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