Aujourd’hui: Les écrivains, les scandales, la télévision…
Et glou, et glou et glou! A la tienne Etienne, ou plutôt Charlie, ou plutôt Hank Chinaski, alter ego littéraire du monsieur figurant ci-dessous que certains d’entre vous auront sans doute reconnu: le romancier américain Charles Bukowski. Pourquoi lui? Parce qu’il tombe pile poil dans le thème de cet article: les écrivains et le scandale, notamment via la petite lucarne ( Que de moins en moins de gens regardent, mais ce n’est pas le sujet)
Mais prenons les choses au début. En 1978, Bukowski alors inconnu chez nous se fit connaitre chez Bernard Pivot dans la célèbre émission littéraire « Apostrophes ». Cette grand’messe télévisuelle fut perturbée par l’auteur, visiblement agacé par les questions que lui posait l’animateur. Il vida trois bouteilles de Sancerrre en direct ( C’était un bon cru au moins?) fourragea sous les jupes de Catherine Paysan, autre invitée, fut remis à sa place par Cavanna puis quitta le plateau avant terme.
Bukowski s’expliqua plus tard à ce sujet, invoquant le manque de bonté de ses confrères qui, selon ses termes, « n’étaient là que pour parler de leurs bouquins ». Mais dans ce cas , que fabriquait-il au milieu de cette assemblée? Quoiqu’il en soit, ce passage suscita de nombreux commentaires outrés ou amusés et surtout, permit à l’américain d’accéder à un joli et durable succès en France.
Si le scandale favorise parfois les ventes, il peut aussi asseoir une légende. Ce fut le cas pour l’explosif Jack Thieuloy, dont le fait d’armes le moins retentissant fut encore d’asperger de ketchup l’écrivain Michel Tournier. Ce natif de Beaucaire entra dans la République des lettres en 1971 avec « L’Inde des grands chemins », récit de voyage pittoresque et provocateur. Les difficultés qu’il rencontra ensuite avec son éditeur qui voulait le lancer comme un Kerouac français l’amenèrent à changer de crèmerie pour publier son second livre « La Bible d’Amérique ». Ce fut ce changement qui fut le point de départ d’une aventure parsemées d’embrouilles et de dépôt de bombes artisanales au domicile des pèlerins qui avaient l’heur de déplaire au sieur Thieuloy. Le critique Mathieu Galley, la romancière Françoise Mallet-Joris eurent chacun droit à leurs cadeau dans leur cage d’escalier. Entre autres. Cela lui vaudra la prison et de nombreux ennemis, ce qui n’empêcha pas la création d’un comité de défense en sa faveur.
Détestant l’Occident, adorant l’exotisme, jouant au pauvre bien que possesseur de plusieurs appartements, posant au moraliste contre la corruption du milieu littéraire, pédophile revendiqué, l’homme était haissable. Il sut par ses extravagances assurer sa publicité et laisser une trace. Certes, il ne manquait pas de talent, mais cela excuse-t-il tout?



A suivre, avec Jean-Edern!

