Aujourd’hui: « Le mal jaune » de Jean Lartéguy (1962)
La transformation de Hanoi et Saigon, les deux capitales de l’Indochine française, suite à la défaite de Dien Bien Phu vue par différents personnages. Journalistes, militaires, prostituées français ou vietnamiens….
Lartéguy, militaire, journaliste, qui connut sous l’un ou l’autre de ces costumes la seconde guerre mondiale, l’Indochine, la Corée et l’Algérie, bref il fut de l’espèce des écrivains baroudeurs. Il en tira matière à nombre de ses oeuvres, la plus connue demeurant la trilogie des « Centurions ». Ici il est question des changements brutaux, des nostalgies, des amertumes suscitées par la fin d’un monde: l’Indochine française. L’auteur souligne aussi les ambivalences tant du côté français que vietnamien, avec leurs mélange d’amour et de haine que reflètent les rapports entre les personnages qui émaillent le récit. Julien jeune journaliste et ses aînés Rovignon et Jérôme, la prostituée métisse Kien (Ou Claire, c’est selon) Kervallé, para survivant de Dien Bien Phu, et surtout maman Lien, maquerelle qui se noie dans l’opium pour détourner ses yeux de la chute d’Hanoi, autrement dit de son monde.
Un livre émouvant, subtil, violent parfois, n’excluant pas l’humour, qui jette un regard sur la fin dun univers avec tendresse et un pessimisme viril. A lire.


