Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Le cinéma français.

Aujourd’hui: « La petite fille au bout du chemin » de Nicolas Gessner (1976)

Rynn, jeune anglaise qui vit seule avec son père dans une petite ville d’Amérique du Nord. Le père est invisible ce qui ne semble guère gêner la jeune fille qui semble déterminée et très organisée. Elle est bientôt l’objet des attentions de sa propriétaire qui souhaite à tout prix rencontrer son père, et du fils déséquilibré de celle-ci. Avec l’aide d’un garçon plus âgé qu’elle, elle va se défendre…

« La petite fille au bout du chemin » s’inspire d’un roman homonyme de Laird Koenig, romancier qui connut une popularité certaine auprès de plusieurs générations de lycéens. L’auteur aimait la jeunesse – enfance ou adolescence- et les dangers guettant celle-ci. Un autre de ses livres servit de base à « Attention les enfants regardent » de Serge Leroy, réalisé deux ans plus tard, ou il était également question d’enfants aux prises avec une menace, en l’occurrence, un Alain Delon psychopathe. Le réalisateur quant à lui, Nicolas Gessner, avait déjà mis en scène un thriller en espace clos « Quelqu’un derrière la porte » ou Charles Bronson était séquestré par Anthony Perkins. « La petite fille … » fait ici office de deux en un puisqu’il réunit les univers de l’écrivain et du metteur en scène, espace clos et jeunesse en danger.

L’espace clos, c’est en l’espèce cette maison perdue dans l’hiver canadien (J’avais dit Amérique du Nord, mais le Canada semble logique, le film étant franco-canadien) ce qui renforce l’impression de solitude dégagée par le lieu. L’ enfance, c’est la petite fille du titre – en fait une pré-adolescente- adulte précoce- mais travaillée par les préoccupations de son âge- prête à tout pour protéger sa liberté et le secret entourant son père dont l’existence paraît douteuse. Le danger, c’est le fils de la propriétaire, lequel aime trop les gosses pour être honnête.

Le drame qui se noue permet au réalisateur d’aborder des thèmes tels que la pédophilie, l’éveil de la sexualité et surtout la solitude face à la violence. En effet, le personnage de Jodie Foster est seule face au péril qui la guette, nonobstant la présence du jeune homme apprenti magicien qui lui donne un coup de main au détour d’une scène. Les adultes ici son au mieux des silhouettes comme les employés de banque, au pire une menace. Il y a bien le policier joué par Mort Shuman, débonnaire et plein de bon sens, mais qui ne peut être d’aucune utilité, notamment parce que Rynn souhaite préserver un secret.

Bien que ne relevant pas du fantastique ( Ce qui n’empêcha pas le film de figurer lors de festivals consacré au genre) « La petite fille.. » jouit d’une atmosphère étrange, par son cadre désincarné, et par le contraste entre cette adolescente presque adulte et son ennemi, (Excellent Martin Sheen) enfant attardé, et le costume de magicien du petit ami de Rynn. Quelques uns l’ont qualifié de conte, et c’en est un.

Avec un fin que d’aucuns jugeront morale…ou pas!

Un détail avant de finir. Film français, oui, mais tout de même très américain! Bah, on ne boudera pas son plaisir!


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